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L’Assemblée Générale Ordinaire de Pénombre

La dixième assemblée générale de l’association s’est tenue le 20 juin 2003 au Foyer Évangélique de Grenelle à Paris. Une quarantaine de membres étaient présents.
 
 
Les euros de Pénombre

Karin van Effenterre a présenté un rapport financier pour l’année 2002, dont le détail sera adressé aux adhérents qui en feront la demande. Les recettes, toujours constituées des adhésions et des dons des adhérents, nous permettent de financer nos activités “ en toute indépendance ” (mais en totale dépendance du bénévolat des membres les plus actifs de l’association !). Environ la moitié de ces dépenses vient de la fabrication et de l’envoi de nos publications. L’autre poste de dépenses important en 2002 a été l’organisation de la nocturne Grande Nuit des Élections. Une participation individuelle supplémentaire avait été demandée à cette occasion car, pour les dix ans de Pénombre, nous n’avions pas lésiné sur les dépenses (location de salle, traiteur pour deux services…). Mais avec un nombre de participants - plus de 150 - supérieur à ce qui était attendu, la recette a été plus importante que prévue. Finalement, le solde des comptes annuels est encore positif.
 
 
Nocturnes, groupes, blanche et grise…


L’année 2002 a été marquée par cette Grande Nuit dont les débats ont été portés à la connaissance du plus grand nombre par le numéro spécial de notre Lettre d’information blanche et grise pour l’occasion. La réflexion sur certains des thèmes abordés a d’ailleurs été prolongée dans le numéro suivant de la Lettre blanche (n° ;33) et le sera encore à propos des débats en cours et à venir sur les retraites ou la santé.

Un groupe de travail dont la création avait été décidée lors de l’A.G. 2002 a commencé à se réunir en février 2003. Le GIN (groupe images du nombre) aborde largement la question des représentations visuelles du nombre. Largement, parce que l’intention initiale ne se limite pas à l’infographie chiffrée (mais c’est quand même un peu le cœur du sujet), ni aux usages relevant de l’information chiffrée : les membres du groupe assistent, un peu fascinés, au développement d’images du chiffre à visée plus ou moins utilitaire dans les messages publicitaires ou la communication d’entreprise. Sur deux exemples de la presse écrite (La Croix, Alternatives économiques), le GIN est allé voir comment les infographies sont choisies et réalisées. Encore au début de ses explorations, le GIN n’a pas encore d’objectif de publication. Ceux qui veulent rejoindre ce groupe seront bienvenus. Les provinciaux, toujours défavorisés par notre mode de fonctionnement parisien, peuvent demander à être informés.

Le groupe “ Risques en nombre ” a connu un fonctionnement plus aléatoire. Une réunion passionnante sur le traitement du risque d’inondation semble avoir provoqué la réalisation d’un autre risque, celui de la panne technique. Mais non, ce n’était qu’une impression, après un délai un peu long, le groupe doit repartir pour une série de réunions : l’appel à contribution pour un futur numéro de la Lettre blanche ou de la Lettre grise consacré à ce thème sera alors certainement entendu.

Le rédacteur en chef de la Lettre blanche, Alfred Dittgen, après avoir rappelé la généalogie des dernières publications, renouvelle de vive voix l’appel lancé aux contributions écrites à nos débats. L’annonce de thèmes pour les futurs numéros pourra favoriser le “ passage à l’acte ” des nombreux adhérents qui pensent pouvoir un jour (surtout s’ils en trouvent le temps) contribuer à la réflexion pénombrienne. Mais il n’y a guère de “ hors sujet ” opposé par la rédaction à ces contributions, dès lors qu’il s’agit de l’usage des nombres dans le débat public.
 
 
Chauds débats et débats réchauffés

Après la statisticulente évocation des nombreux adhérents de Pénombre, que Daniel Cote-Colisson reprend ci-après, Bruno Aubusson évoque brièvement l’historique des relations de Pénombre avec les journalistes. Faisant partie du public visé lors du démarrage de l’association (cf. préambule des statuts), les journalistes se sont montrés très intéressés, mais peu participatifs. Leur intérêt demeure et continue de se marquer par des références à Pénombre dans leurs articles ou leurs émissions. Mais, en dehors de quelques exceptions remarquées, le cadre que nous proposons (rencontres et échanges associatifs) n’a pas déclenché de réflexion poursuivie nous permettant de mieux comprendre en quoi les contraintes de travail des médias et l’organisation du traitement de l’information chiffrée conduisent aux usages du chiffre que nous sommes enclins à critiquer.

Après un bref débat sur ce point et d’illustratives interventions de Martine Kis, journaliste et adhérente, B.A. expose l’état de ses contacts avec le réseau “ les Entretiens de l’information ”. Invité en août 2002 à participer à une rencontre organisée sous ce nom dans le cadre de l’Université d’été de la communication à Hourtin, sur le thème du traitement médiatique de l’insécurité, les contacts se sont prolongés par la suite. Les personnes qui animent le réseau (journalistes, représentants des écoles de journalisme, chercheurs spécialisés dans l’étude des médias…) ont décidé de créer une association dont le but est de “ contribuer au développement du débat public sur les conditions de traitement de l’information : rencontres, débats, enquêtes, publications... [et qui] se propose d’y associer tous les acteurs concernés : journalistes, éditeurs, écoles et centres de formation, grandes associations représentatives de la société civile, chercheurs, universitaires, etc... ”. Il est donc proposé que Pénombre entende cet appel à collaboration. Dans un premier temps, notre association va donc participer à l’organisation d’un atelier sur les retraites (annoncé dans le numéro 34 de la Lettre blanche et relaté ci-après).

Le 20 juin, la loi portant réforme du système des retraites n’était pas encore votée. Le printemps avait été riche en événements sur ce sujet, et chacun avait pu constater divers usages des chiffres en la matière. Une première partie de la discussion menée en A.G. concernait la légitimité d’une intervention de Pénombre dans ces circonstances, sous la pression des événements et la passion des prises de position. Alfred Dittgen avait évoqué à ce propos l’interpellation d’une adhérente qui, pendant la guerre d’Irak, nous demandait une présence plus soutenue (cf. Lettre blanche 31, courrier des lecteurs “ paix-nombre ”). On risquera de résumer la discussion en disant que les Pénombriens sont d’accord sur l’intérêt d’intervenir “ à chaud ” sur des sujets aussi mobilisateurs, mais à condition de se garder de l’utilisation détournée d’une réflexion sur l’usage des chiffres pour faire passer un discours “ militant ”, défendant une position particulière sur le sujet particulier. Position d’équilibriste que maintiendra la critique mutuelle tant qu’elle s’exercera.

Une seconde partie de la discussion a porté sur la réforme des retraites elle-même et, l’heure avançant, il a été proposé de la poursuivre autour des tables dressées pour le dîner, puis d’une réunion huit jours après pour envisager sur quelles pistes Pénombre pourrait organiser, après l’épisode d’Hourtin 2003, une nocturne dont le thème pourrait relier l’épisode des retraites (“ la retraite aux flambeaux ” a même été proposé comme titre d’une soirée) à celui du financement du système de santé qui doit se jouer à la suite.
 
 
L’élection qui compte


À l’issue de l’A.G., ont été renouvelés dans leur mandat d’administrateur(e) : Karine van Effenterre, Lise Mounier et Alfred Dittgen. Mathias Kende et François Sermier rejoignent le conseil élargi (ainsi nommé, puisque l’effectif de ses membres dépasse le nombre statutaire d’administrateur(e)s toujours fixé à neuf).

Le conseil, réuni le 9 septembre, a réparti les tâches et responsabilités et, en particulier, désigné son bureau constitué de Bruno Aubusson de Cavarlay, président, René Padieu, vice-président, Karin van Effenterre, secrétaire, France-Line Mary, trésorière.
 
La rédaction
 

 

 
 
Pénombre, Décembre 2003