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	<title>P&#233;nombre, la vie publique du nombre</title>
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		<title>Et P&#233;nombre fut</title>
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<category domain="http://www.penombre.org/-Et-Penombre-fut-">Et P&#233;nombre fut</category>


		<description>La d&#233;claration de constitution de l'association P&#233;nombre a &#233;t&#233; publi&#233;e au Journal Officiel du 7 juillet 1993. &lt;br /&gt;article 1er - Il est fond&#233; entre les adh&#233;rents aux pr&#233;sents statuts une association r&#233;gie par la loi du 1er juillet 1901 et le d&#233;cret du 16 ao&#251;t 1901, ayant pour titre : P&#233;nombre. &lt;br /&gt;article 2 - Cette association a pour objet de d&#233;velopper un espace de dialogue sur l'emploi des nombres notamment dans le champ p&#233;nal. &lt;br /&gt;article 3 - Le si&#232;ge social est (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Et-Penombre-fut-" rel="directory"&gt;Et P&#233;nombre fut&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;claration de constitution de l'association P&#233;nombre a &#233;t&#233; publi&#233;e au Journal Officiel du 7 juillet 1993.&lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 1er - Il est fond&#233; entre les adh&#233;rents aux pr&#233;sents statuts une association r&#233;gie par la loi du 1er juillet 1901 et le d&#233;cret du 16 ao&#251;t 1901, ayant pour titre : P&#233;nombre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 2 - Cette association a pour objet de d&#233;velopper un espace de dialogue sur l'emploi des nombres notamment dans le champ p&#233;nal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 3 - Le si&#232;ge social est fix&#233; &#224; Paris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 4 - Sa dur&#233;e est illimit&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 5 - Pour faire partie de l'association, il faut &#234;tre majeur et capable pour contracter. Les demandes d'admission sont pr&#233;sent&#233;es par &#233;crit au conseil d'administration qui statue sur elles lors de chacune de ses r&#233;unions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 6 - L'association se compose :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;1&#176; De membres fondateurs. Seront consid&#233;r&#233;s comme tels ceux qui auront particip&#233; &#224; la r&#233;union de l'assembl&#233;e constitutive et vers&#233; une somme de 100 francs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2&#176; De membres actifs. Seront consid&#233;r&#233;s comme tels ceux qui auront pris l'engagement de verser annuellement une cotisation dont le montant est arr&#234;t&#233; par le conseil d'administration et qui s'engagent &#224; participer &#224; la r&#233;alisation de l'objet vis&#233; au pr&#233;ambule et &#224; l'article 2 des pr&#233;sents statuts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3&#176; De membres adh&#233;rents. Seront consid&#233;r&#233;s comme tels ceux qui auront pris l'engagement de verser annuellement une cotisation dont le montant est fix&#233; par le conseil d'administration. Ce sont les destinataires des prestations fournies par l'association.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;article 7 - La qualit&#233; de membre se perd par :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;a) La d&#233;mission par lettre adress&#233;e au pr&#233;sident.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;b) Le d&#233;c&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;c) La radiation prononc&#233;e par le conseil d'administration pour infraction aux pr&#233;sents statuts ou pour motif grave, l'int&#233;ress&#233; ayant &#233;t&#233; invit&#233; &#224; pr&#233;senter ses explications au conseil d'administration.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;article 8 - Les ressources de l'association comprennent :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Le montant des droits d'entr&#233;e et des cotisations ;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2&#176; Les subventions de l'Etat, des r&#233;gions, des d&#233;partements, des communes et des &#233;tablissements publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3&#176; Le prix des prestations fournies par l'association.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4&#176; Les dons et legs.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;article 9 - Le premier conseil d'administration est compos&#233; de Mmes Christiane Ducastelle, Annie Kensey et de MM. Bruno Aubusson de Cavarlay, Jean-Luc Le Toqueux, Edwin Matutano, Philippe Mazuet et Pierre Tournier. Ce premier conseil assurera l'administration de l'association jusqu'&#224; la r&#233;union de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale qui aura lieu dans l'ann&#233;e suivant le d&#233;p&#244;t des pr&#233;sents statuts. Il pourra coopter, jusqu'&#224; la r&#233;union de ladite assembl&#233;e, deux autres membres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 10 - Le conseil d'administration se compose de neuf membres nomm&#233;s pour trois ans et r&#233;&#233;ligibles. Il se renouvelle par tiers tous les ans. Le conseil d'administration est choisi parmi les membres fondateurs ou les membres actifs. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale se prononce par &#233;lection sur le remplacement des membres sortants. Le conseil d'administration propose les candidats. Le vote a lieu &#224; la majorit&#233; absolue des suffrages exprim&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 11 - Le conseil d'administration se r&#233;unit au moins une fois tous les six mois, sur convocation du pr&#233;sident ou sur la demande du tiers de ses membres. Les d&#233;cisions sont prises &#224; la majorit&#233; absolue. En cas de partage, la voix du pr&#233;sident est pr&#233;pond&#233;rante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 12 - Le conseil d'administration choisit parmi ses membres, au scrutin secret, un bureau compos&#233; de :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Un pr&#233;sident ;&lt;br /&gt;
2&#176; Un vice-pr&#233;sident ;&lt;br /&gt;
3&#176; Un secr&#233;taire ;&lt;br /&gt;
4&#176; Un tr&#233;sorier.&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les membres du bureau sont nomm&#233;s &#224; l'issue de chaque assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ordinaire &#224; la majorit&#233; absolue des membres du conseil. Ils sont r&#233;&#233;ligibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 13 - L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ordinaire se compose des membres de l'association vis&#233;s aux 1&#176; et 2&#176; de l'article 6 des pr&#233;sents statuts. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ordinaire se r&#233;unit &#224; l'initiative du conseil d'administration chaque ann&#233;e au moins une fois, en principe au mois de mai. Quinze jours au moins avant la date fix&#233;e, les membres de l'association sont convoqu&#233;s par les soins du bureau. L'ordre du jour est indiqu&#233; sur les convocations. Le pr&#233;sident, assist&#233; des membres du conseil d'administration, pr&#233;side l'assembl&#233;e et expose le rapport moral de l'association. Le tr&#233;sorier rend compte de sa gestion et soumet le rapport financier &#224; l'approbation de l'assembl&#233;e. Toutes les d&#233;lib&#233;rations de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ordinaire sont prises au scrutin secret &#224; la majorit&#233; des membres pr&#233;sents. Ne devront &#234;tre soumises au scrutin lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, que les questions port&#233;es &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 14 - Si besoin est, ou sur la demande des deux tiers au moins des membres participant de droit &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ordinaire, le pr&#233;sident peut convoquer une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale extraordinaire, suivant les formalit&#233;s pr&#233;vues &#224; l'article 13. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale extraordinaire statue sur les questions &#233;num&#233;r&#233;es ci-dessous qui lui sont soumises. Elle peut apporter toutes modifications aux statuts ; elle peut ordonner la dissolution de l'association ou sa fusion avec toutes les associations poursuivant un but analogue. Dans ces divers cas, elle doit &#234;tre compos&#233;e du tiers des membres ayant le droit de prendre part aux assembl&#233;es. Si le quorum du tiers des membres en exercice n'est pas atteint, l'assembl&#233;e est convoqu&#233;e de nouveau, &#224; quinze jours d'intervalle ; elle peut alors d&#233;lib&#233;rer quelque soit le nombre des membres pr&#233;sents. Toutes les d&#233;lib&#233;rations de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale extraordinaire sont prises &#224; la majorit&#233; de (e / n)&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; des membres pr&#233;sents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 15 - Les d&#233;lib&#233;rations des assembl&#233;es sont consign&#233;es par le secr&#233;taire et sign&#233;es par un membre du bureau sortant. Ces proc&#232;s-verbaux constatent le nombre de membres pr&#233;sents aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales extraordinaires. Les d&#233;lib&#233;rations du conseil d'administration sont consign&#233;es par le secr&#233;taire et sign&#233;es par lui et le pr&#233;sident. Les comptes rendus des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont envoy&#233;s &#224; tous les membres de l'association.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 16 - Un r&#232;glement int&#233;rieur sera &#233;tabli par le conseil d'administration qui le fera alors approuver par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. Ce r&#232;glement est destin&#233; &#224; fixer les divers points non pr&#233;vus par les statuts, notamment ceux qui ont trait &#224; l'administration interne de l'association.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 17 - En cas de dissolution prononc&#233;e par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale extraordinaire, un ou plusieurs liquidateurs sont nomm&#233;s par celle-ci et l'actif, s'il y a lieu, est d&#233;volu conform&#233;ment &#224; l'article 9 de la loi du 1er juillet 1901 et au d&#233;cret du 16 ao&#251;t 1901.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 18 - Les pr&#233;sents statuts sont modifi&#233;s selon la proc&#233;dure fix&#233;e par l'article 14.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;article 19 - Le pr&#233;sident, au nom du conseil d'administration, est charg&#233; de remplir les formalit&#233;s de d&#233;claration et de publication pr&#233;vues par la loi du 1er juillet 1901 et par le d&#233;cret du 16 ao&#251;t de la m&#234;me ann&#233;e.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Fait en autant d'originaux que de parties int&#233;ress&#233;es, &#224; Paris, le 1er juin 1993.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;br /&gt;
P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nombrilisme</title>
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		<dc:creator>R&#233;daction</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Nombrilisme,582-">Nombrilisme</category>


		<description>&quot;Merci pour l'envoi de &quot;P&#233;nombre&quot;, une ombre profil&#233;e ! L'id&#233;e de faire une revue critique du r&#244;le souvent invraisemblable qu'on fait jouer aux statistiques est excellente. Je vais m'abonner&quot;. &lt;br /&gt;Michelle Perrot &lt;br /&gt;Historienne &lt;br /&gt;&quot;Je vous remercie de l'envoi du N-0 de P&#233;nombre, &quot;cette obscure clart&#233; qui nous tombe des &#233;toiles&quot; (...). L'IHESI souscrira un abonnement lors de la partition du N-1 de P&#233;nombre (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&quot;Merci pour l'envoi de &quot;P&#233;nombre&quot;, une ombre profil&#233;e ! L'id&#233;e de faire une revue critique du r&#244;le souvent invraisemblable qu'on fait jouer aux statistiques est excellente. Je vais m'abonner&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Michelle Perrot&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Historienne&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&quot;Je vous remercie de l'envoi du N-0 de P&#233;nombre, &quot;cette obscure clart&#233; qui nous tombe des &#233;toiles&quot; (...). L'IHESI souscrira un abonnement lors de la partition du N-1 de P&#233;nombre (&amp;hellip;).&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Marc Erb&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Directeur de l'Institut des hautes &#233;tudes de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&quot;J'ai bien re&#231;u la documentation sur le projet &quot;P&#233;nombre&quot; (...). Je crois que c'est un projet tr&#232;s int&#233;ressant, tant pour &#233;tablir des liens sur une base r&#233;guli&#232;re avec les professionnels de l'information que pour favoriser des &#233;changes entre les chercheurs qui s'int&#233;ressent &#224; cette question. Je serais tr&#232;s heureux d'y collaborer (&amp;hellip;).&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Landreville&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Professeur de criminologie, Universit&#233; de Montr&#233;al&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&quot;Je vous remercie tr&#232;s sinc&#232;rement des documents que vous avez bien voulu m'adresser (...). Les chiffres ou plut&#244;t les nombres ont toujours une part de myst&#232;re pour ceux qui comme moi ont une formation plut&#244;t litt&#233;raire. Pourtant, tous les jours nous les utilisons et je suis de ceux qui critiquent la fr&#233;n&#233;sie pour les statistiques mais les pensent indispensables &#224; notre travail.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Je souhaite donc &#234;tre inform&#233; du devenir du projet &quot;P&#233;nombre&quot; et sugg&#232;re un th&#232;me qui me tient &#224; c&#339;ur les peines de substitutions m&#233;ritent-elles leur appellation - et quelles sont leurs relations avec la r&#233;cidive ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pierre P&#233;lissier&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Juge de l'application des peines&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&quot;Je vous remercie pour l'envoi de &quot;l'esquisse d'un num&#233;ro 0&quot; (projet &quot;P&#233;nombre&quot;). Je me suis r&#233;joui de l'imagination et du dynamisme dont t&#233;moigne ce projet (&amp;hellip;).&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jacques Commaille&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Sociologue, Directeur de recherche au CNRS&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&quot;Alors que devient &quot;P&#233;nombre&quot; ? Qui ne dit mot consent (NDR &#224; devenir correspondant de &quot;P&#233;nombre&quot; pour la Belgique) : m&#234;me si je n'ai aucune imagination pour ce genre de choses. J'aime bien le ton (&amp;hellip;).&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;oise Tulkens&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Professeur de criminologie, Universit&#233; de Louvain&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&quot;Tout d'abord, je suis tr&#232;s heureux que vous ayez d&#233;cid&#233; de r&#233;aliser &quot;P&#233;nombre&quot;. Il me para&#238;t que c'est une excellente initiative. J'ai toujours pens&#233; qu'il &#233;tait absolument indispensable d'essayer de brancher la recherche sur, non pas forc&#233;ment le grand public, mais des relais vers le grand public. Je suis &#224; votre disposition pour vous aider, quand vous voulez, dans la mesure de mes disponibilit&#233;s de temps (&amp;hellip;).&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Daniel Soulez-Larivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Avocat au Barreau de Paris&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&quot;Je vous remercie de l'envoi de la documentation sur le projet &quot;P&#233;nombre&quot; auquel je me tiens pr&#234;t &#224; collaborer (...).&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lionel Benaiche&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Substitut au TGI de Bobigny&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;img width='200' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='230' border=&quot;0&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB1/LB1-3.gif&quot; alt=&quot;&quot; style='height:230px;width:200px;' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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		<title>Des lettres et des chiffres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Jean de Garlande</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Des-lettres-etdes-chiffres,581-">Des lettres et&lt;br/&gt;des chiffres</category>


		<description>&quot;Les choses all&#232;rent si loin que l'agence Ransdoc (renseignements, documentation, tous les renseignements sur n'importe quel sujet) annon&#231;a, dans son &#233;mission radiophonique d'informations gratuites, six mille trente et un rats collect&#233;s et br&#251;l&#233;s dans la seule journ&#233;e du 25. Ce chiffre, qui donnait un sens clair au spectacle quotidien que la ville avait sous les yeux, accrut le d&#233;sarroi. Jusqu'alors on s'&#233;tait plaint d'un accident un peu (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&quot;Les choses all&#232;rent si loin que l'agence Ransdoc (renseignements, documentation, tous les renseignements sur n'importe quel sujet) annon&#231;a, dans son &#233;mission radiophonique d'informations gratuites, six mille trente et un rats collect&#233;s et br&#251;l&#233;s dans la seule journ&#233;e du 25. Ce chiffre, qui donnait un sens clair au spectacle quotidien que la ville avait sous les yeux, accrut le d&#233;sarroi. Jusqu'alors on s'&#233;tait plaint d'un accident un peu r&#233;pugnant. On s'apercevait maintenant que ce ph&#233;nom&#232;ne dont on ne pouvait encore ni pr&#233;ciser l'ampleur ni d&#233;celer l'origine avait quelque chose de mena&#231;ant&quot; (p. 22).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Le 28 avril, cependant, Ransdoc annon&#231;ait une collecte de huit mille rats environ et l'anxi&#233;t&#233; &#233;tait &#224; son comble dans la ville&quot; (p. 23).&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Jusqu'ici, ni les journaux, ni l'agence Ransdoc n'avaient re&#231;u communication officielle des statistiques de la maladie. Le pr&#233;fet les communiqua, jour apr&#232;s jour, &#224; l'agence, en la priant d'en faire une annonce hebdomadaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#224; encore, cependant, la r&#233;action du public ne fut pas imm&#233;diate. En effet, l'annonce que la troisi&#232;me semaine de peste avait compt&#233; trois cents deux morts ne parlait pas &#224; l'imagination. D'une part, tous n'&#233;taient peut-&#234;tre pas morts de la peste. Et, d'autre part, personne, en ville, ne savait combien, en temps ordinaire, il mourait de gens par semaine. La ville avait deux cent mille habitants. On ignorait si cette proportion de d&#233;c&#232;s &#233;tait normale. C'est m&#234;me le genre de pr&#233;cisions dont on ne se pr&#233;occupe jamais, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t &#233;vident qu'elles pr&#233;sentent. Le public manquait en quelque sorte de point de comparaison. Ce n'est qu'&#224; la longue, en constatant l'augmentation des d&#233;c&#232;s, que l'opinion prit conscience de la v&#233;rit&#233;. La cinqui&#232;me semaine donna en effet trois cent vingt et un morts et la sixi&#232;me, trois cent quarante cinq. Les augmentations, du moins, &#233;taient &#233;loquentes. Mais elles n'&#233;taient pas assez fortes pour que nos concitoyens ne gardassent, au milieu de leur inqui&#233;tude, l'impression qu'il s'agissait d'un incident sans doute f&#226;cheux, mais temporaire&quot; (p. 77).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Albert Camus&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;La peste&lt;/em&gt;, 1947, Folio.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Texte choisi par &lt;strong&gt;Jean de Garlande&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;img width='520' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='506' border=&quot;0&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB1/LB1-2.gif&quot; alt=&quot;&quot; style='height:506px;width:520px;' /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt; &lt;br /&gt;
P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Les lectures de Clara Halbschatten</title>
		<link>http://www.penombre.org/Les-lectures-de-Clara-Halbschatten,1106</link>
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		<dc:date>2013-05-17T17:36:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clara Halbschatten</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Lumieres-sur-la-ville,580-">Lumi&#232;res sur la ville</category>


		<description>Ouvrages &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.penombre.org/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Jean-Louis Besson (dirig&#233; par), La cit&#233; des chiffres ou l'illusion des statistiques, &#233;d. Autrement, s&#233;rie Sciences en soci&#233;t&#233;, 261 pages, 120 F. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.penombre.org/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Josianne Duch&#232;ne, Eric Vilquin, Math&#233;matiques pour d&#233;mographes, Acad&#233;mia, 25/115 Grand'Rue, B-1348 Louvain-la-Neuve, 224 pages, 920 FB. &lt;br /&gt;Ce premier manuel de &quot;math&#233;matiques pour d&#233;mographes&quot; en langue fran&#231;aise est un outil pratique de &quot;mise &#224; niveau&quot; des connaissances (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Lumieres-sur-la-ville,580-" rel="directory"&gt;Lumi&#232;res sur la ville&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ouvrages &lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- &lt;em&gt;Jean-Louis Besson (dirig&#233; par), La cit&#233; des chiffres ou l'illusion des statistiques, &#233;d. Autrement, s&#233;rie Sciences en soci&#233;t&#233;, 261 pages, 120 F.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- &lt;em&gt;Josianne Duch&#232;ne, Eric Vilquin, Math&#233;matiques pour d&#233;mographes, Acad&#233;mia, 25/115 Grand'Rue, B-1348 Louvain-la-Neuve, 224 pages, 920 FB.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ce premier manuel de &quot;math&#233;matiques pour d&#233;mographes&quot; en langue fran&#231;aise est un outil pratique de &quot;mise &#224; niveau&quot; des connaissances math&#233;matiques de base pour les apprentis d&#233;mographes. La premi&#232;re partie est consacr&#233;e &#224; l'&#233;tude des fonctions num&#233;riques et au calcul diff&#233;rentiel. La deuxi&#232;me partie concerne l'int&#233;gration des fonctions alg&#233;briques, les fonctions logarithme et exponentielle. Enfin, on trouvera dans la derni&#232;re partie quelques &#233;l&#233;ments de calcul matriciel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- &lt;em&gt;Albert Jacquard : Un monde sans prisons ?, &#201;ditions du Seuil, 1993.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cet opuscule, &#233;crit par un g&#233;n&#233;ticien, s'applique &#224; d&#233;montrer l'inanit&#233; de la prison dans une soci&#233;t&#233; moderne. La d&#233;marche de l'auteur se fonde sur l'essai d'une connaissance de l'homme, des rapports qu'il entretient avec les autres, ainsi que de synth&#232;ses &#233;pist&#233;mologiques portant sur les relations entre l'un et le multiple, les conditions permettant au pouvoir et &#224; la soci&#233;t&#233; un d&#233;veloppement harmonieux de la personne humaine. L'essai se nourrit d'incursions emprunt&#233;es &#224; l'histoire des institutions ou m&#234;me &#224; celle des sciences et des techniques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A travers ce parcours se dessine l'objet principal : les moyens et m&#233;thodes coercitifs d&#233;ploy&#233;s par les soci&#233;t&#233;s afin de maintenir le lien unissant leurs membres. De l&#224; suit une description des peines, de leurs r&#244;les et finalit&#233;s, puis une r&#233;flexion sur la peine de prison entra&#238;nant l'auteur vers un aper&#231;ut des diff&#233;rents angles par lesquels le sujet est le plus souvent trait&#233; : institutions judiciaires, conditions p&#233;nitentiaires, travail en prison, prisons priv&#233;es... Les conditions psychologiques de l'emprisonnement semblent avoir retenu toute l'attention de l'auteur, ainsi que la signification, r&#233;elle ou affich&#233;e, de la peine elle-m&#234;me aux yeux de la collectivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut regretter un certain l&#233;gicentrisme quand l'auteur aborde l'institution judiciaire et le r&#244;le du droit entra&#238;nant l'abus de l'expression &quot;non-droit&quot; peu significative et certains raccourcis concernant les postulats de la loi naturelle. De m&#234;me, reste peu approfondie la relation entre la richesse et la peine de l'amende. Cependant, par un effort r&#233;el de synth&#232;se, ce livre r&#233;pond constamment &#224; l'articulation initiale que son auteur a d'embl&#233;e pos&#233;e : le lien entre la protection de la soci&#233;t&#233; et la r&#233;habilitation de la personne condamn&#233;e. Enfin, l'ouvrage n'est pas exempt de r&#233;f&#233;rences chiffr&#233;es...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;strong&gt;Th&#232;ses&lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Andr&#233; Kuhn, Punitivit&#233;, politique criminelle et surpeuplement carc&#233;ral, ou comment r&#233;duire la population carc&#233;rale, Editions Paul Haupt, Falkenplatz 14, CH-300l Berne, 199 pages, 48 FS.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s avoir &#233;tudi&#233; l'&#233;volution de la &quot;punitivit&#233; objective&quot; (s&#233;v&#233;rit&#233; des peines inflig&#233;es par les juges) et de la &quot;punitivit&#233; subjective&quot; (attitudes des gens vis &#224; vis des sanctions p&#233;nales) en Suisse et dans les Etats voisins, A. Kuhn tente de d&#233;terminer comment il serait possible de diminuer la population des prisons afin de r&#233;soudre le probl&#232;me actuel du surpeuplement carc&#233;ral. Si les questions abord&#233;es avec un souci &#233;vident de se faire comprendre par le plus grand nombre sont &#233;tudi&#233;es dans le cadre helv&#233;tique, le lecteur fran&#231;ais trouvera de multiples occasions d'appliquer les raisonnements et conclusions &#224; la situation dans notre pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;- Nicolas Bourgoin, Le suicide en prison, sous la direction d'Herv&#233; Le Bras, Ecole des hautes &#233;tudes en sciences sociales, 342 pages.&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;Cette th&#232;se se fonde sur une exploitation exhaustive des cas de suicide en prison de 1982 &#224; 1991, et suit un double traitement du mat&#233;riau : l'analyse des lettres qu'ont laiss&#233;es un tiers des d&#233;tenus suicid&#233;s pour motiver leur geste et l'analyse statistique des caract&#233;ristiques individuelles et des variables de situation des d&#233;tenus, &#224; partir des informations enregistr&#233;es par l'administration. Travail de r&#233;f&#233;rence dans un domaine o&#249; les approches quantitatives sont rares en France.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;strong&gt;Article&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- &lt;em&gt;Patrick Simon, &quot;Nommer pour agir&quot;, Le Monde, 28 avril 1993, p. 2.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Chercheur &#224; l'Institut national d'&#233;tudes d&#233;mographiques (INED), P. Simon s'interroge sur la pertinence de l'utilisation des cat&#233;gories de fran&#231;ais et d'&#233;tranger pour rendre compte &quot;des ph&#233;nom&#232;nes sociaux o&#249; interviennent des discriminations ethniques et raciales&quot;. L'auteur reproche aux sciences sociales d'&#234;tre, en particulier, &quot;incapable de se d&#233;tacher de l'analyse institutionnelle&quot; contredisant ainsi leur vocation traditionnelle. Pour lui l'urgence est &#224; &quot;la recomposition des cat&#233;gories d'appr&#233;hension du corps social&quot;. Contribution percutante &#224; un d&#233;bat difficile qui int&#233;resse bien &#233;videmment P&#233;nombre.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>La prison des nombres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;daction</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Bonnes-feuilles-">Bonnes feuilles</category>


		<description>&quot;Le nombre annonc&#233; peut fort bien, si subtils qu'aient &#233;t&#233; les proc&#233;d&#233;s d'observation utilis&#233;s, si complexes les op&#233;rations math&#233;matiques, ne rien mesurer du tout. On le repr&#233;sente, pour faire plus s&#233;rieux, par une lettre grecque, et on annonce, apr&#232;s des enqu&#234;tes fort co&#251;teuses, que y = 0,14. Puis des discussions s'engagent &#224; propos de ce nombre : ne serait-ce pas plut&#244;t 0,16 ou 0,11 ? Les exemples les plus extr&#234;mes sont fournis par (...)

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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Bonnes-feuilles-" rel="directory"&gt;Bonnes feuilles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&quot;Le nombre annonc&#233; peut fort bien, si subtils qu'aient &#233;t&#233; les proc&#233;d&#233;s d'observation utilis&#233;s, si complexes les op&#233;rations math&#233;matiques, ne rien mesurer du tout. On le repr&#233;sente, pour faire plus s&#233;rieux, par une lettre grecque, et on annonce, apr&#232;s des enqu&#234;tes fort co&#251;teuses, que y = 0,14. Puis des discussions s'engagent &#224; propos de ce nombre : ne serait-ce pas plut&#244;t 0,16 ou 0,11 ? Les exemples les plus extr&#234;mes sont fournis par certaines recherches sur l'intelligence et son h&#233;ritabilit&#233; qui ont pr&#233;tendu aboutir &#224; des mesures ; Les exc&#232;s ont &#233;t&#233; tels qu'un scientifique am&#233;ricain a pu donner pour titre &#224; un de ses livres : la Malmesure de l'Homme.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;La compr&#233;hension du sujet se trouve comme enferm&#233;e par la quantification dans la prison des nombres ; les interrogations ne portent plus que sur la valeur des param&#232;tres. En fait, l'attitude intelligente consisterait plut&#244;t &#224; s'interroger suit le sens de ces param&#232;tres. La vraie question n'est pas : &quot;que vaut y ?&quot; Mais &quot;que signifie y ?&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Extrait de : &lt;strong&gt;Albert Jacquard&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Ab&#233;c&#233;daire de l'ambigu&#239;t&#233;&lt;/em&gt;,&lt;br /&gt;
&#201;dition du Seuil 1989, Q comme quantifier, p. 65-66.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Avis de recherche</title>
		<link>http://www.penombre.org/Avis-de-recherche</link>
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		<dc:date>2013-05-17T17:32:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;daction</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Concours,578-">Concours</category>


		<description>De qui est cette affirmation (publi&#233;e dans l'Est R&#233;publicain en 1982) ? &lt;br /&gt;&quot;La d&#233;linquance est un ph&#233;nom&#232;ne d'habitude qui s'inscrit dans la nature, est inn&#233;e pour 0,3% de la population. Au m&#234;me titre que l'alcoolisme, la prostitution, l'homosexualit&#233; et la paresse&quot;. &lt;br /&gt;R&#233;ponse &lt;br /&gt;Probl&#232;me (si vous n'avez rien d'autre &#224; faire) : &lt;br /&gt;A partir de cette &quot;information&quot; et des donn&#233;es fournies par le dernier recensement de la France effectu&#233; (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Concours,578-" rel="directory"&gt;Concours&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;De qui est cette affirmation (publi&#233;e dans l'Est R&#233;publicain en 1982) ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;La d&#233;linquance est un ph&#233;nom&#232;ne d'habitude qui s'inscrit dans la nature, est inn&#233;e pour 0,3% de la population. Au m&#234;me titre que l'alcoolisme, la prostitution, l'homosexualit&#233; et la paresse&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/Solution-du-numero-precedent&quot;&gt;R&#233;ponse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;Probl&#232;me (si vous n'avez rien d'autre &#224; faire) :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A partir de cette &quot;information&quot; et des donn&#233;es fournies par le dernier recensement de la France effectu&#233; par l'INSEE, calculez le nombre de &quot;d&#233;linquants&quot; que notre pays doit &quot;g&#233;rer&quot;. Commentez en comparant les r&#233;sultats avec certaines donn&#233;es produites par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et le minist&#232;re de la Justice !...&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Mesurer la violence : ce qui se passe en coulisses</title>
		<link>http://www.penombre.org/Mesurer-la-violence-ce-qui-se</link>
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		<dc:date>2013-05-17T17:32:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Aubusson de Cavarlay</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Compte-de-faits,577-">Compte de faits</category>


		<description>Mesurer la violence et son &#233;volution au sein d'une soci&#233;t&#233; est une tentation constante pour beaucoup. Sans entrer dans une analyse d'ensemble des difficult&#233;s soulev&#233;es par cette entreprise, on peut s'int&#233;resser concr&#232;tement au cas des homicides. L'&#233;tude de la violence ne commence pas forc&#233;ment par l&#224;, mais &#224; l'occasion d'un fait &quot;particuli&#232;rement odieux&quot;, on a vite fait de se tourner vers les statistiques disponibles &#224; ce sujet (...)

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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Compte-de-faits,577-" rel="directory"&gt;Compte de faits&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mesurer la violence et son &#233;volution au sein d'une soci&#233;t&#233; est une tentation constante pour beaucoup. Sans entrer dans une analyse d'ensemble des difficult&#233;s soulev&#233;es par cette entreprise, on peut s'int&#233;resser concr&#232;tement au cas des homicides. L'&#233;tude de la violence ne commence pas forc&#233;ment par l&#224;, mais &#224; l'occasion d'un fait &quot;particuli&#232;rement odieux&quot;, on a vite fait de se tourner vers les statistiques disponibles &#224; ce sujet pour replacer l'&#233;v&#233;nement singulier dans un contexte chiffr&#233;. On peut esp&#233;rer qu'aujourd'hui l'utilisation des statistiques de police qui donnent quelques renseignements &#224; propos des homicides sera plus prudente que ce qu'on pouvait trouver formul&#233; dans les commentaires officiels. On pouvait lire ainsi dans le rapport statistique du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur de 1975 (&quot;La criminalit&#233; en France en 1975 d'apr&#232;s les statistiques de police judiciaire&quot;, page 7) : &quot;Il suffit de surprendre un cambrioleur ou de vivre isol&#233; dans une maison mal prot&#233;g&#233;e ou d'aller dans une banque ou une caisse d'&#233;pargne, pour &#234;tre abattu. Le hasard seul en d&#233;cide&quot;. Cet appel &#224; la prudence ne signifie pas simplement qu'il y a une bonne utilisation des donn&#233;es et une mauvaise. Les choix techniques ne sont pas neutres. Ils ne sont pas pour autant impos&#233;s uniquement par la technique elle-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On n'insistera ici que sur deux aspects de cette mesure : d'une part, en partie en raison de l'assimilation juridique de la tentative de crime au crime lui-m&#234;me et des d&#233;finitions statistiques, les chiffres concernant l'homicide ne comptent pas des victimes d&#233;c&#233;d&#233;es ; d'autre part, les statistiques de police enregistrent au titre d'homicide les faits qui &#233;taient estim&#233;s entrer dans cette cat&#233;gorie au moment de la premi&#232;re phase de l'enqu&#234;te.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Faits et victimes &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La tentative d'homicide est en principe r&#233;prim&#233;e de la m&#234;me fa&#231;on que l'homicide &quot;consomm&#233;&quot;. Or la distinction n'est faite dans les statistiques de police sur ce point que depuis 1988. En 1991, sur 2614 homicides d&#233;nombr&#233;s, 1259, soit 48%, sont des tentatives ; en 1988, la proportion de tentatives &#233;tait de 51%. A d&#233;faut de conna&#238;tre cette proportion avant 1988, on ne peut pas dire pr&#233;cis&#233;ment, &#224; moins d'invoquer une sorte de r&#232;gle magique des rapports constants, ce que repr&#233;sente la variation du nombre d'homicides (incluant les tentatives) selon les statistiques de police sur une p&#233;riode assez longue : de 1387 en 1972 &#224; 2614 en 1991, soit 88% d'augmentation, pour l'ensemble des rubriques &quot;r&#232;glements de compte&quot;, &quot;homicides crapuleux&quot; (accompagnant un vol), &quot;homicide non crapuleux&quot; (pour d'autres motifs), &quot;infanticides&quot; et &quot;empoisonnements&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette inclusion de la tentative peut-elle expliquer l'&#233;cart observ&#233; entre les chiffres publi&#233;s par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et les &quot;homicides et l&#233;sions provoqu&#233;es intentionnellement &#224; une autre personne&quot; comptabilis&#233;s par l'INSERM dans la statistique des causes m&#233;dicales de d&#233;c&#232;s ? En 1990 par exemple, l'INSERM donne 614 d&#233;c&#232;s de cette sorte alors que la statistique de police compte 2526 homicides dont 1171 tentatives et donc 1'355 faits accomplis. Comme on le voit, la coh&#233;rence des sources statistiques est encore loin, ce qui refl&#232;te des diff&#233;rences de concepts et de m&#233;thode de recueil. Mais intervient aussi la d&#233;finition de l'unit&#233; de compte, c'est &#224; dire le fait (statistique de police) ou la victime (statistique m&#233;dicale). Le rapport statistique donne pour 1991 une analyse d&#233;taill&#233;e de 1600 &quot;faits&quot; d'homicides volontaires ou de tentatives signal&#233;s &#224; la Direction Centrale de la Police Judiciaire. On a la surprise de lire (page 75, derni&#232;re ligne, ce qui montre que la consigne donn&#233;e aux services de police judiciaire de compter un fait par victime n'est pas respect&#233;e) que ces 1600 homicides ont fait 2007 victimes, dont 953 victimes d'une tentative seulement. Ce qui fait 1'054 morts si l'on compte bien. Malheureusement la part des tentatives parmi les 1600 &quot;faits&quot; n'est pas indiqu&#233;e et l'on ne peut donc calculer le nombre moyen de morts par homicide consomm&#233;. Lecteurs de P&#233;nombre, commencez-vous &#224; y voir un peu plus clair ? Voil&#224; de quoi alimenter les accusations de maquillage statistique port&#233;es par ceux qui sont convaincus de ce que la v&#233;ritable croissance de la violence (que cependant les policiers sont r&#233;put&#233;s conna&#238;tre directement) leur est cach&#233;e. Il est certes &#233;tonnant pour le non-sp&#233;cialiste qu'on ne puisse conna&#238;tre tout simplement le nombre de morts par homicide volontaire, au del&#224; des aspects techniques que l'on qualifiera vite de &quot;cuisine&quot; statistique.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;D&#233;finition de l'homicide&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est alors oublier la deuxi&#232;me source de difficult&#233;s dans ce d&#233;nombrement qu'est la d&#233;finition m&#234;me de l'homicide. Si l'on s'en tient &#224; l'aspect juridique, on constate que la doctrine fran&#231;aise &#233;tablit des distinctions complexes parmi les crimes de sang. On peut d'abord citer les cas d&#233;finis de fa&#231;on particuli&#232;re : le parricide, l'infanticide, l'empoisonnement. Ensuite vient la distinction entre l'homicide volontaire (meurtre et assassinat) et l'homicide involontaire qui concerne l'action elle-m&#234;me (le coup de feu part volontairement ou involontairement) et pour finir sont exclus des homicides, en principe, les coups et blessures volontaires ayant entra&#238;n&#233; la mort sans intention de la donner qui compl&#232;tent la liste des crimes de sang. Dans ce dernier cas, l'action est volontaire, mais pas le r&#233;sultat (le coup de feu part volontairement, mais l'auteur ne voulait pas tuer). Ces distinctions sont d&#233;licates &#224; manier et les qualifications juridiques retenues dans chaque cas sont susceptibles d'&#233;voluer au cours de la proc&#233;dure. La seule d&#233;finition incontestable serait celle des statistiques judiciaires qui se placent &#224; l'ach&#232;vement de la proc&#233;dure p&#233;nale (en 1991, on compte 532 condamnations pour homicide et 224 pour coups et blessures volontaires ayant entra&#238;n&#233; la mort). Les d&#233;bats juridiques sur la nature des faits sont alors clos par la d&#233;cision rendue par la cour d'assises. Pourtant m&#234;me &#224; ce moment, la zone d'ombre reste importante : des homicides sont trait&#233;s correctionnellement parce qu'involontaires, alors qu'aux yeux de certains ils avaient un caract&#232;re criminel ; la l&#233;gitime d&#233;fense permet l'acquittement avec les possibles abus que l'on sait ; les homicides dont l'auteur reste inconnu demeurent, apr&#232;s le non-lieu r&#233;sultant de l'&#233;chec de l'enqu&#234;te, dans un certain flou juridique ; et, pour finir cette &#233;num&#233;ration, s'il n'y a pas de flou juridique lorsque l'auteur est d&#233;clar&#233; p&#233;nalement irresponsable (situation de d&#233;mence au moment des faits) on est quand m&#234;me tent&#233; de consid&#233;rer que l'homicide demeure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette zone incertaine s'est d'ailleurs d&#233;roul&#233;e dans le pass&#233; une controverse entre sp&#233;cialistes &#224; propos des morts suspectes. En cas de mort suspecte, une proc&#233;dure de recherche des causes de la mort doit &#234;tre ouverte. Ces enqu&#234;tes pouvant se r&#233;v&#233;ler infructueuses, on a pendant un certain temps conserv&#233; les &quot;morts suspectes non &#233;lucid&#233;es&quot; dans la statistique de police &#224; c&#244;t&#233; des homicides. On ne le fait plus maintenant et si l'exclusion des morts suspectes non &#233;lucid&#233;es semble pr&#233;f&#233;rable, ceci ne r&#232;gle pas pour autant enti&#232;rement le probl&#232;me. Au del&#224;, on peut &#233;voquer d'un mot le sujet des disparitions qui alimente de temps en temps des r&#233;cits o&#249; le chiffre fantaisiste voisine avec le fait divers et le t&#233;moignage &#233;mouvant : &#224; ce point aucune source fiable n'est concevable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il reste alors le cas des coups et blessures ayant entra&#238;n&#233; la mort. La fa&#231;on de le traiter n'est pas neutre : tandis que les homicides volontaires proprement dits sont en nette augmentation dans la statistique de police comme on l'a vu, dans le m&#234;me temps ces coups et blessures r&#233;gressent de 706 en 1972 &#224; 217 en 1991. Ceci donne une id&#233;e de l'enjeu propre &#224; l'utilisation d'une nomenclature de faits ou d'infractions par les producteurs de la statistique (essentiellement des policiers et des gendarmes) et de la fa&#231;on dont on peut se servir ensuite des r&#233;sultats de ces op&#233;rations d'enregistrement et de classification. En ajoutant aux pr&#233;c&#233;dents chiffres des homicides et des coups mortels ceux de l'infanticide, lui aussi en r&#233;gression de 140 faits en 1972 &#224; 36 en 1991 (avec encore l'incertitude qu'on imagine sur ce point), on arrive &#224; une situation o&#249; deux partis extr&#234;mes peuvent pr&#233;tendre &#224; l'exactitude. Une d&#233;finition restrictive ou stricte de l'homicide ne tiendra compte que des homicides enregistr&#233;s comme tels par les policiers et les gendarmes (r&#232;glements de compte entre malfaiteurs, homicides crapuleux, homicides non crapuleux de la statistique de police). Entre 1972 et 1991, les homicides ont alors plus que doubl&#233; (de 1247 &#224; 2578). Une d&#233;finition plus large, et peut-&#234;tre moins sensible aux variations entre les cat&#233;gories, y ajoutera l'infanticide et les coups et blessures ayant entra&#238;n&#233; la mort, conduisant &#224; mesurer une augmentation de 35% seulement (de 2093 en 1972 &#224; 2831 en 1991). Un peu plus de m&#233;fiance fera remarquer que l'augmentation la plus forte, un triplement du nombre de faits, concerne les &quot;homicides crapuleux&quot;, c'est &#224; dire les homicides ou les tentatives d'homicides accompagnant un vol (de 152 en 1972 &#224; 447 en 1991), lesquels homicides sont en 1991 six fois sur dix des tentatives. De l&#224; &#224; y voir la marque d'une volont&#233; de noircir le tableau de la violence accompagnant les atteintes aux biens, la distance n'est pas grande...&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous avez eu le courage de suivre ces explications, vous pourrez choisir. Vous pourrez dire que selon les statistiques de police, les crimes de sang ont augment&#233; de 35% au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es alors que l'ensemble des crimes et d&#233;lits a plus que doubl&#233;. Vous pourrez dire aussi que les atteintes &#224; la vie humaine associ&#233;es &#224; la criminalit&#233; contre les biens ont &#233;t&#233; multipli&#233;es par trois. Il n'y a pas un chiffre plus vrai que l'autre et le sp&#233;cialiste aura tendance &#224; consid&#233;rer que les deux pr&#233;sentations se compl&#232;tent. Mais que se passe-t-il lorsque la simplification m&#233;diatique exige un message court ? Doit-on, dans un souci de clart&#233;, admettre d'&#233;vacuer la complexit&#233; des donn&#233;es ? Peut-on m&#234;me se limiter au cadre d'analyse fourni par les statistiques de police, surtout si l'on songe, pour revenir &#224; notre point de d&#233;part - l'homicide comme sympt&#244;me de violence dans une soci&#233;t&#233; - que sur la route une autre forme de violence plus ou moins consciente fait dix fois plus de morts par accident que ces statistiques n'en pourraient recenser au titre de l'homicide volontaire. Mais ceux-l&#224; ne seront pas compt&#233;s, ni comme criminalit&#233; ni comme d&#233;linquance, m&#234;me lorsqu'ils sont le r&#233;sultat de l'&#233;tat d'ivresse du conducteur. Simple effet de point de vue ? Autant de questions qui pourraient ouvrir un d&#233;bat &#224; P&#233;nombre.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Aubusson de Cavarlay&lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img width='300' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='303' border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB1/LB1-1.gif&quot; style='height:303px;width:300px;' /&gt;&lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Choses vues, choses lues, mise &#224; nu</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre V. Tournier</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Choses-vues-choses-lues-mise-a-nu,576-">Choses vues,&lt;br/&gt;choses lues, mise &#224; nu</category>


		<description>Le 18 avril 1993, &#224; Sept sur sept (TF1), Edouard Balladur affirme que &quot;la moiti&#233; des d&#233;lits concernant la drogue sont commis par des &#233;trangers&quot;. Anne Sinclair ne r&#233;agit pas &#224; cette assertion... &lt;br /&gt;Deux jours plus t&#244;t, on pouvait lire dans France Soir, sous la plume de Nathalie Gillot, la phrase suivante : &quot;un tiers des affaires de stup&#233;fiants sont imputables &#224; des &#233;trangers, estime le minist&#232;re de l'int&#233;rieur&quot;. &lt;br /&gt;Alors, 1 sur 2 ? 1 (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Choses-vues-choses-lues-mise-a-nu,576-" rel="directory"&gt;Choses vues,&lt;br/&gt;choses lues, mise &#224; nu&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 18 avril 1993, &#224; &lt;em&gt;Sept sur sept&lt;/em&gt; (TF1), Edouard Balladur affirme que &quot;la moiti&#233; des d&#233;lits concernant la drogue sont commis par des &#233;trangers&quot;. Anne Sinclair ne r&#233;agit pas &#224; cette assertion...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux jours plus t&#244;t, on pouvait lire dans France Soir, sous la plume de Nathalie Gillot, la phrase suivante : &quot;un tiers des affaires de stup&#233;fiants sont imputables &#224; des &#233;trangers, estime le minist&#232;re de l'int&#233;rieur&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, 1 sur 2 ? 1 sur 3 ? moins ? plus ?&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Retour aux sources &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les nombres pr&#233;sent&#233;s ci-dessous proviennent d'une publication largement diffus&#233;e par le minist&#232;re de l'int&#233;rieur (direction g&#233;n&#233;rale de la police nationale, direction centrale de la police judiciaire) : &lt;em&gt;Aspects de la criminalit&#233; et de la d&#233;linquance constat&#233;es en France en 1991 par les services de police et de gendarmerie d'apr&#232;s les statistiques de police judiciaire&lt;/em&gt;, La documentation fran&#231;aise, 1992 (p. 119).&lt;/p&gt; &lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; border=&quot;1&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td colspan=&quot;5&quot;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Personnes mises en cause en 1991 pour infraction &#224; la l&#233;gislation sur les stup&#233;fiants (ILS)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;73&quot;&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Total&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;Etrangers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;% Etr.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;73&quot;&gt;
&lt;p&gt;Ensemble ILS&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;59702&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;47612&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;12090&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;20,3&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;73&quot;&gt;
&lt;p&gt;Trafic&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;10081&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;6551&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;3530&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;35,0&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;73&quot;&gt;
&lt;p&gt;Usage-revente&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;9719&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;7756&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;1963&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;20,2&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;73&quot;&gt;
&lt;p&gt;Consommation&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;38945&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;32544&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;6401&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;16,4&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;73&quot;&gt;
&lt;p&gt;Autres&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;957&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;761&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;196&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;right&quot;&gt;20,5&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;En toute rigueur, on ne conna&#238;t &#233;videmment pas la proportion d'&#233;trangers parmi l'ensemble des personnes ayant commis, une ann&#233;e donn&#233;e, une infraction &#224; la l&#233;gislation sur les stup&#233;fiants car certaines resteront inconnues de la police et de la justice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, les statistiques du minist&#232;re de l'int&#233;rieur nous permettent de calculer cette proportion pour les &quot;mis en cause&quot;. Rappelons qu'il s'agit des personnes pour lesquelles ont &#233;t&#233; r&#233;unis au cours de l'enqu&#234;te des indices suffisants pour laisser pr&#233;sumer qu'elles sont auteurs ou complices d'un crime ou d'un d&#233;lit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, 20% des personnes mises en cause pour infraction &#224; la l&#233;gislation sur les stup&#233;fiants sont &#233;trang&#232;res. Cette proportion varie, selon la nature de l'infraction de 16% (consommation) &#224; 35% (trafic). Pas 1 sur 2, ni 1 sur 3... mais 1 sur 5.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, si on se limite au &quot;trafic&quot;, l'information de &lt;em&gt;France Soir&lt;/em&gt; est exacte. Encore faut-il pr&#233;ciser ce dont on parle.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Tournier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Que P&#233;nombre soit !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;daction</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Lettre-blanche-no1-">Lettre blanche n&#176;1</category>


		<description>Ce texte est le pr&#233;ambule des statuts de l'association P&#233;nombre, adopt&#233;s lors de l'assembl&#233;e constitutive qui s'est tenue &#224; Paris le 1er juin 1993. &lt;br /&gt;Chercheurs en sciences sociales et statisticiens produisent des connaissances chiffr&#233;es sur leurs objets d'&#233;tude. Il est de leur devoir d'accompagner la diffusion de ces r&#233;sultats d'un expos&#233; suffisant des conditions de leur production. Ce qui n'est pas toujours ais&#233; car la demande qui leur est (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Lettre-blanche-no1-" rel="directory"&gt;Lettre blanche n&#176;1&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ce texte est le pr&#233;ambule des &lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/Et-Penombre-fut&quot;&gt;statuts de l'association P&#233;nombre&lt;/a&gt;, adopt&#233;s lors de l'assembl&#233;e constitutive qui s'est tenue &#224; Paris le 1er juin 1993.&lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chercheurs en sciences sociales et statisticiens produisent des connaissances chiffr&#233;es sur leurs objets d'&#233;tude. Il est de leur devoir d'accompagner la diffusion de ces r&#233;sultats d'un expos&#233; suffisant des conditions de leur production. Ce qui n'est pas toujours ais&#233; car la demande qui leur est adress&#233;e fait g&#233;n&#233;ralement peu de cas de ces consid&#233;rations m&#233;thodologiques. Et m&#234;me en mettant les choses au mieux, le d&#233;bat public appelle le chiffre et tend &#224; se l'approprier dans un registre o&#249; les rep&#232;res objectifs disparaissent. P&#233;nombre pourrait &#234;tre un lieu privil&#233;gi&#233; pour cette mise &#224; nu du passage entre un champ restreint o&#249; les chiffres peuvent encore faire l'objet d'une analyse critique et un cercle beaucoup plus large o&#249; le besoin de chiffres n'a que faire des pr&#233;cautions scientifiques et o&#249; les querelles de chiffres passent pour des joutes rh&#233;toriques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'entreprise suppose donc la rencontre des acteurs de cette sc&#232;ne du nombre qui ne font en g&#233;n&#233;ral que se croiser en coulisses, repr&#233;sentant le plus souvent un int&#233;r&#234;t professionnel propre. Nous identifions parmi eux les producteurs de donn&#233;es, les chercheurs et universitaires, les journalistes, les responsables publics ou associatifs, les acteurs politiques... Mais il n'y a pas d'exclusive sous-jacente &#224; cette liste et, loin d'&#234;tre prisonnier de son personnage, chacun petit jouer tour &#224; tour plusieurs r&#244;les.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceux qui prennent l'initiative de faire vivre P&#233;nombre ne partent pas de rien : l'id&#233;e aujourd'hui se pr&#233;cise apr&#232;s de premiers &#233;changes et des essais de lettre-bulletin. De fait un ensemble de relations existant d&#233;j&#224; entre des individus concern&#233;s par P&#233;nombre, qu'ils le sachent ou non, nous pousse &#224; vouloir &#233;tendre une possibilit&#233; d&#233;j&#224; partiellement concr&#233;tis&#233;e : une possibilit&#233; de modifier les rapports et les clivages qui se produisent autour du nombre et de questions int&#233;ressant notamment le champ du p&#233;nal. Au del&#224; des oppositions traditionnelles, P&#233;nombre devrait s'appuyer sur le rapprochement de ceux qui abordent de fa&#231;on responsable les domaines o&#249; la d&#233;magogie et l'utilisation sans scrupules de chiffres quelquefois invent&#233;s ne sont payants qu'&#224; court terme (ins&#233;curit&#233;, d&#233;linquance, immigration, toxicomanie, violence, pr&#233;vention, r&#233;pression...).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prudence dans les constats, esprit critique dans les bilans, sentiment d'urgence devant les questions sont partag&#233;s par nombre d'acteurs de ces domaines d'intervention publique. Mais l'acquis est fragile, il doit &#234;tre d&#233;fendu et son maintien ou son d&#233;veloppement suppose que ceux qui s'y reconnaissent puissent continuer &#224; s'accorder sur certains points, &#224; s'interroger sur leurs d&#233;saccords et explorer des voies de d&#233;passement.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;P&#233;nombre est tout &#224; la fois un lieu sans localisation pr&#233;cise, un p&#233;riodique, une structure faiblement organis&#233;e, un r&#233;seau sans c&#226;bles, un &#233;clairage sans projecteur, le tout anim&#233; par quelques esprits vaguement &#233;clair&#233;s, en qu&#234;te d'un suppl&#233;ment de lueur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;P&#233;nombre entend se d&#233;finir en pratique mais compte garder des principes. Il n'y a pas de ligne mais l'exigence est la r&#232;gle, Il n'y a pas de censure mais le souci de rectitude est constant. Dans cette d&#233;marche, chacun garde ses int&#233;r&#234;ts mais se garde d'y asservir l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;P&#233;nombre pourrait &#234;tre l'affaire de quelques pythagoriciens survivants de la post-modernit&#233;. Cependant, si le nombre y est consid&#233;r&#233; dans toute sa pl&#233;nitude et &#233;chappe ainsi &#224; ses diverses r&#233;ductions, math&#233;matiques, statistiques, sociologiques, philosophiques, politiques, m&#233;diatiques, il n'est pas question de le traiter comme un &#234;tre dou&#233; d'une quelconque existence propre. Rapport, outil, discours, le nombre est notre production.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'il s'agisse de faire circuler entre nous non pas une plaquette glac&#233;e au contenu insipide et standardis&#233;, ni un &quot;quatre pages pour ceux qui n'ont pas le temps de le lire&quot;, mais un bulletin insoutenablement l&#233;ger, un num&#233;ro de P&#233;nombre tout simplement, ou qu'il s'agisse de provoquer des rencontres en cercles non concentriques de ceux qui se rencontrent d&#233;j&#224; et de ceux qui ne comprendront pas comment ils ont pu ne pas le faire, le cadre que nous choisissons est celui de l'association.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'adh&#233;sion et la cotisation seront le mode de fonctionnement, au moins provisoire, de P&#233;nombre. La cotisation devrait permettre la r&#233;alisation de quelques num&#233;ros de P&#233;nombre dont l'essentiel viendra d'un travail b&#233;n&#233;vole. L'adh&#233;sion est aussi la marque du partage d'objectifs et de principes minimaux. Lecteur, tout membre de l'association sera invit&#233; &#224; sortir de l'ombre, &#224; en devenir auteur et promoteur. P&#233;nombre est aussi une invitation. Sans imitation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'implication contre l'indiff&#233;rence&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot;Il s'agit aussi de d&#233;fendre ces marges dissidentes, indociles et incontr&#244;lables o&#249; les pouvoirs croisent, non plus leurs semblables, mais des contre-pouvoirs qui ne pr&#233;tendent pas les concurrencer mais simplement les aiguillonner, les animer et les stimuler, tant il est vrai qu'une d&#233;mocratie vivante ne saurait &#234;tre que conflictuelle, progressant et s'am&#233;liorant dans l'affrontement des libert&#233;s, des &#233;galit&#233;s et des fraternit&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans un monde o&#249; l'&#233;cole cynique se porte au mieux, ce journalisme-l&#224; choisit l'implication contre l'indiff&#233;rence. A la distance blas&#233;e, il oppose l'engagement civique. Il est acteur, &#224; ses risques et p&#233;rils. Et, de ce point de vue, peut-&#234;tre sommes-nous devenus trop sages&quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Edwy Plenel&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;La part d'ombre&lt;/em&gt;, Stock, 1992, p.452.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, Septembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>SDF sans nombre</title>
		<link>http://www.penombre.org/SDF-sans-nombre</link>
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		<dc:date>2013-05-17T15:24:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc Le Toqueux</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Cent-nombres,574-">Cent nombres</category>


		<description>Rendant compte de la mort de plusieurs personnes par hypothermie, la presse a &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; fournir des chiffres sur les SDF (sans domicile fixe)... &lt;br /&gt;Avec prudence &lt;br /&gt;&quot;Disparu sans laisser d'adresse, sans employeur, sans existence l&#233;gale, le SDF tombe dans le trou noir de la statistique nationale. On ne sait plus le recenser. On l'estime. Entre 300000 et 400000. Appr&#233;ciez la pr&#233;cision, elle est &#224; la d&#233;mesure de l'impuissance publique&quot; (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Cent-nombres,574-" rel="directory"&gt;Cent nombres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rendant compte de la mort de plusieurs personnes par hypothermie, la presse a &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; fournir des chiffres sur les SDF (sans domicile fixe)...&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Avec prudence &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Disparu sans laisser d'adresse, sans employeur, sans existence l&#233;gale, le SDF tombe dans le trou noir de la statistique nationale. On ne sait plus le recenser. On l'estime. Entre 300000 et 400000. Appr&#233;ciez la pr&#233;cision, elle est &#224; la d&#233;mesure de l'impuissance publique&quot; (&lt;em&gt;l'Express&lt;/em&gt; du 25/11/93).&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Mieux inform&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;On s'accorde &#224; peu pr&#232;s sur le nombre des personnes qui n'ont pas de toit : 400000 dont 10% dans la r&#233;gion parisienne (...) sur les 40000 sans abris d'Ile-de-France, 15000 seraient des jeunes femmes &#226;g&#233;es de quinze &#224; vingt cinq ans, dont la moiti&#233; dipl&#244;m&#233;e&quot;. (...) le nombre de SDF et des mal-log&#233;s (est) &#233;valu&#233; au total &#224; plus de deux millions&quot; (&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 25/11/93).&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comparaisons internationales&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;En russe SDF se dit : bomji. Ils sont entre 30000 et 50000 &#224; Moscou, soit deux fois plus qu'il y a deux ans et deux fois plus qu'&#224; Paris&quot; (&lt;em&gt;L'&#201;v&#233;nement&lt;/em&gt; du 25/11 /93).&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le point de vue du sociologue &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon le Maire de Paris, il existe trois cat&#233;gories d'exclus. &quot;Il y a en Ile-de-France en gros 10000 clochards - des gens qui posent des probl&#232;mes sociaux, sanitaires et psychologiques s&#233;rieux ; il y a environ 15000 marginaux qui viennent de l'immigration silencieuse ou qui sont de jeunes toxicomanes &#224; la d&#233;rive et enfin, il y a 30000 &#224; 60000 personnes victimes du ch&#244;mage et qui ont perdu espoir&quot; (&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 27 novembre 1993).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aucune mesure n'a encore &#233;t&#233; faite de ces nombres (des estimations sont en cours de r&#233;alisation et les r&#233;sultats non encore disponibles). Les SDF n'&#233;tant pas domicili&#233;s, ni compt&#233;s &#224; part comme les populations des casernes, h&#244;pitaux... et nomades, &#233;chappent &#224; tout recensement. L'introduction de ces nombres permet surtout d'&#233;viter l'angoisse du vide par l'illusion du savoir. Certains pr&#233;f&#232;rent discourir (et agir) &#224; partir de nombres qu'ils savent invent&#233;s plut&#244;t que de se taire (et ne pas agir). La raison statistique a encore de l'avenir.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Le Toqueux&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img width='300' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='457' border=&quot;0&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB2/LB2-5.gif&quot; alt=&quot;&quot; style='height:457px;width:300px;' /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>





	<item>
		<title>Nombreux, trop peu nombreux</title>
		<link>http://www.penombre.org/Nombreux-trop-peu-nombreux</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.penombre.org/Nombreux-trop-peu-nombreux</guid>
		<dc:date>2013-05-17T15:23:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Aubusson de Cavarlay</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Nombrilisme,573-">Nombrilisme</category>


		<description>Enfin un chiffre s&#251;r ! Le 31 d&#233;cembre 1993 &#224; 24 heures (heure l&#233;gale de Paris), le nombre de demandes d'adh&#233;sion re&#231;ues par P&#233;nombre depuis le d&#233;p&#244;t des statuts &#224; la Pr&#233;fecture de Paris &#233;tait de 65. Si l'&#233;v&#233;nement constitutif de l'unit&#233; de compte est simple en apparence (une demande d'abonnement sous la forme d'une adh&#233;sion), il faut aussit&#244;t ajouter un correctif. Ainsi 30 demandes apportent &#224; P&#233;nombre un soutien marqu&#233; : 83% sous la forme de (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Enfin un chiffre s&#251;r ! Le 31 d&#233;cembre 1993 &#224; 24 heures (heure l&#233;gale de Paris), le nombre de demandes d'adh&#233;sion re&#231;ues par P&#233;nombre depuis le d&#233;p&#244;t des statuts &#224; la Pr&#233;fecture de Paris &#233;tait de 65. Si l'&#233;v&#233;nement constitutif de l'unit&#233; de compte est simple en apparence (une demande d'abonnement sous la forme d'une adh&#233;sion), il faut aussit&#244;t ajouter un correctif. Ainsi 30 demandes apportent &#224; P&#233;nombre un soutien marqu&#233; : 83% sous la forme de demandes d'adh&#233;sion comme membre actif (toutes accept&#233;es par le conseil d'administration), 27% par l'apport d'un don. On remarque &#233;videmment que la somme d&#233;passe 100, ce qui indique que certains ne m&#233;nagent pas leur soutien (membres actifs et donateurs). D'ailleurs, si l'on compte en francs courants (et en prenant 3,7073 comme taux de change pour le franc suisse), les sommes que P&#233;nombre a re&#231;ues jusqu'au 31 d&#233;cembre 1993 sont constitu&#233;s &#224; 75% de cotisations et 25% de dons, ce qui fait, comme on le voit, d&#233;j&#224; pas mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Maintenant, une estimation. Selon un sondage r&#233;alis&#233; par l'un des membres du conseil d'administration (remarquez la pr&#233;cision exemplaire de nos sources), encre 72% et 87% de ceux qui veulent adh&#233;rer &#224; P&#233;nombre n'ont pas encore r&#233;ussi &#224; &#234;tre en possession simultan&#233;ment de leur stylo, de leur carnet de ch&#232;que et de l'adresse de la tr&#233;sori&#232;re de P&#233;nombre (Annie Kensey, 96, rue de la Convention, 75015 Paris). A ce propos, une adh&#233;rente nous fait remarquer : &quot;ce sont toujours les femmes qui sont tr&#233;sori&#232;res ? Pourquoi ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous ne ferons pas l'injure aux lecteurs avertis de P&#233;nombre de leur faire remarquer qu'il faut, en outre, ajouter &#224; cet ensemble estimable sinon calculable d'adh&#233;rents effectifs ou potentiels, le &quot;chiffre noir&quot;, d&#233;nombrable certes, mais incalculable, des lecteurs effectifs du num&#233;ro un de P&#233;nombre. Comme quoi, le nombre officiel et rigoureux d'adh&#233;rents d&#233;clar&#233;s n'&#233;claire que tr&#232;s imparfaitement la face cach&#233;e de ce raz de mar&#233;e de sympathie d&#233;clench&#233; par P&#233;nombre.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Aubusson de Cavarlay&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Sans l'ombre d'un doute</title>
		<link>http://www.penombre.org/Sans-l-ombre-d-un-doute</link>
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		<dc:date>2013-05-17T15:23:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Christophe Le Dantec, Josiane Bigot</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Chroniques-et-nouvelles-">Chroniques et nouvelles</category>


		<description>La langue fran&#231;aise, pourtant habituellement si riche en adjectifs, a &#233;t&#233; r&#233;cemment prise en d&#233;faut par l'actualit&#233; politico-judiciaire. &lt;br /&gt;Nous venons en effet d'apprendre qu'il y aurait d&#233;sormais une nouvelle peine inscrite dans le Code P&#233;nal : la condamnation &#224; perp&#233;tuit&#233; &quot;r&#233;elle&quot;. Cela laisse supposer que l'autre ne l'est pas, ou ne l'est plus. Nous baptiserons donc cette derni&#232;re &quot;perp&#233;tuit&#233; imaginaire&quot;, ce qui, (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La langue fran&#231;aise, pourtant habituellement si riche en adjectifs, a &#233;t&#233; r&#233;cemment prise en d&#233;faut par l'actualit&#233; politico-judiciaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous venons en effet d'apprendre qu'il y aurait d&#233;sormais une nouvelle peine inscrite dans le Code P&#233;nal : la condamnation &#224; perp&#233;tuit&#233; &quot;r&#233;elle&quot;. Cela laisse supposer que l'autre ne l'est pas, ou ne l'est plus. Nous baptiserons donc cette derni&#232;re &quot;perp&#233;tuit&#233; imaginaire&quot;, ce qui, convenons-en, va certainement redonner beaucoup d'espoirs aux 496 condamn&#233;s qui sont entrain de la purger dans les prisons de la m&#233;tropole (donn&#233;es 1er juillet 1993).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La perp&#233;tuit&#233; n'&#233;tant plus ce qu'elle &#233;tait, on peut &#234;tre tent&#233; de se demander pourquoi ? La r&#233;ponse n'est plus cette fois dans le laxisme des juges puisque c'est le pouvoir ex&#233;cutif, en l'occurrence le Garde des Sceaux, qui a les moyens de commuer une peine perp&#233;tuelle en peine &quot;&#224; temps&quot; et donc de laisser entrevoir une embellie dans l'avenir de certains de ces condamn&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Est-il r&#233;aliste en dehors de tout contexte pol&#233;miste, politique ou humaniste, d'imaginer une perp&#233;tuit&#233; r&#233;elle ? Certains que la terminologie employ&#233;e ne devait pas satisfaire ont pr&#233;f&#233;r&#233; parler de &quot;prison &#224; vie&quot;. Et l'on a pu ainsi lire que la prison &#224; vie &#233;tait une peine du substitution &#224; la peine de mort. La bonne conscience &#233;tant sauve, la nuance n'appara&#238;t pas flagrante : entre l'ex&#233;cution capitale et la mort lente, quelle est la diff&#233;rence, si ce n'est que la seconde n'ose pas se nommer ?&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans l'ombre d'un doute, il est plus facile d'imaginer qu'une personne ne sortira plus de prison que d'inventer des solutions pour qu'elle n'y revienne pas.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Josiane Bigot&lt;/strong&gt; et&lt;strong&gt; Jean-Christophe Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Les lectures de Clara Halbschatten</title>
		<link>http://www.penombre.org/Les-lectures-de-Clara-Halbschatten,1096</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.penombre.org/Les-lectures-de-Clara-Halbschatten,1096</guid>
		<dc:date>2013-05-17T15:22:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clara Halbschatten</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Lumieres-sur-la-ville,571-">Lumi&#232;res sur la ville</category>


		<description>Revues &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.penombre.org/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Observer le social, in Informations sociales n&#176; 27, 1993. &lt;br /&gt;Publication de la Caisse nationale d'allocations familiales remarquablement bien faite et particuli&#232;rement utile &#224; qui veut faire le point des questions pos&#233;es par l'observation du social. Articles tr&#232;s clairs sur les sources statistiques actuelles et les probl&#232;mes pos&#233;s par l'observation aux diff&#233;rents &#233;chelons territoriaux. Pour une &#233;thique du nombre. &lt;br /&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Revues &lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- &lt;em&gt;Observer le social, in Informations sociales n&#176; 27, 1993.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Publication de la Caisse nationale d'allocations familiales remarquablement bien faite et particuli&#232;rement utile &#224; qui veut faire le point des questions pos&#233;es par l'observation du social. Articles tr&#232;s clairs sur les sources statistiques actuelles et les probl&#232;mes pos&#233;s par l'observation aux diff&#233;rents &#233;chelons territoriaux. Pour une &#233;thique du nombre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;br /&gt;
P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>La le&#231;on particuli&#232;re</title>
		<link>http://www.penombre.org/La-lecon-particuliere</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.penombre.org/La-lecon-particuliere</guid>
		<dc:date>2013-05-17T15:17:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Stella Baruk</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Mille-feuilles,570-">Mille feuilles</category>


		<description>L'&#233;l&#232;ve &lt;br /&gt;Le rapport entre 15 et 24 ? Y en a pas. &lt;br /&gt;Le professeur &lt;br /&gt;Pourquoi ? &lt;br /&gt;L'&#233;l&#232;ve &lt;br /&gt;Ils ont rien de pareil. &lt;br /&gt;Le professeur &lt;br /&gt;&quot;Rapport&quot; n'a pas le sens de &quot;ressemblance&quot;, mais de comparaison. &lt;br /&gt;L'&#233;l&#232;ve &lt;br /&gt;Et une ressemblance, c'est pas une comparaison ? &lt;br /&gt;Le professeur &lt;br /&gt;Si, bien s&#251;r, mais il s'agit d'une comparaison en quantit&#233;. &lt;br /&gt;L'&#233;l&#232;ve &lt;br /&gt;En quantit&#233; ? 24, c'est plus grand que 15. &lt;br /&gt;Le professeur &lt;br /&gt;Oui, mais il y a une autre fa&#231;on de les comparer. &lt;br /&gt;L'&#233;l&#232;ve &lt;br /&gt;15 c'est plus petit que (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Mille-feuilles,570-" rel="directory"&gt;Mille feuilles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Le rapport entre 15 et 24 ? Y en a pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Ils ont rien de pareil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &quot;Rapport&quot; n'a pas le sens de &quot;ressemblance&quot;, mais de comparaison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Et une ressemblance, c'est pas une comparaison ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Si, bien s&#251;r, mais il s'agit d'une comparaison en quantit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; En quantit&#233; ? 24, c'est plus grand que 15.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Oui, mais il y a une autre fa&#231;on de les comparer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; 15 c'est plus petit que 24.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Une autre fa&#231;on, &#231;a c'est la m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Comment c'est la m&#234;me ? C'est pareil de dire plus grand ou plus petit ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Non, bien s&#251;r, mais un rapport...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Ah, je sais, c'est 9 le rapport.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Non, 9 c'est l'&#233;cart, c'est-&#224;-dire la diff&#233;rence entre 15 et 24.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Et un &#233;cart, c'est pas un rapport ? Quand on dit combien &#231;a vous a rapport&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Oui, bien s&#251;r, mais ce n'est pas le sens qu'on lui donne dans la question pos&#233;e&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Alors, quand vous dites rapport, &#231;a n'a pas de rapport avec rapport ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Voil&#224; c'est &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Alors, c'est quoi un rapport comme vous voulez ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Ce n'est pas comme je veux, c'est le sens que ce mot a en math&#233;matiques : c'est le r&#233;sultat d'une comparaison par division.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;L'&#233;l&#232;ve&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Qui c'est qui a d&#233;cid&#233; que &#231;a s'appelait comme &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Le professeur&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; Qui ? Personne en particulier, je crois...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Extrait de : &lt;strong&gt;Stella Baruck&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Dictionnaire de math&#233;matiques &#233;l&#233;mentaires&lt;/em&gt;,&lt;br /&gt;
&#201;ditions du Seuil, 1992, p. 207.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Texte propos&#233; par &lt;strong&gt;Victor Descombres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Solution du num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent</title>
		<link>http://www.penombre.org/Solution-du-numero-precedent</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clara Halbschatten</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Concours-par-Clara-Halbschatten-">Concours, par Clara Halbschatten</category>


		<description>Dans le num&#233;ro 1 de P&#233;nombre, nous avions propos&#233; &#224; votre r&#233;flexion l'assertion suivante lue dans l'Est r&#233;publicain du 14 mai 1982 : &quot;La d&#233;linquance est un ph&#233;nom&#232;ne d'habitude qui s'inscrit dans la nature, est inn&#233;e pour 0,3% de la population, etc. etc.&quot;. &lt;br /&gt;Nous avions omis d'indiquer le nom de l'auteur ; il s'agissait de M. Ernest Max Fontaine, alors premier juge d'instruction au tribunal correctionnel de Paris ! &lt;br /&gt;Un lecteur de P&#233;nombre (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le &lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/Avis-de-recherche&quot;&gt;num&#233;ro 1 de P&#233;nombre&lt;/a&gt;, nous avions propos&#233; &#224; votre r&#233;flexion l'assertion suivante lue dans l'Est r&#233;publicain du 14 mai 1982 : &quot;La d&#233;linquance est un ph&#233;nom&#232;ne d'habitude qui s'inscrit dans la nature, est inn&#233;e pour 0,3% de la population, etc. etc.&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avions omis d'indiquer le nom de l'auteur ; il s'agissait de M. Ernest Max Fontaine, alors premier juge d'instruction au tribunal correctionnel de Paris !&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;
Un lecteur de P&#233;nombre qui souhaite garder l'anonymat, nous a adress&#233; un long courrier dans lequel il d&#233;montre que la proportion en question n'est pas 0,3% mais plut&#244;t 0,4%. Il affirme bien conna&#238;tre la question car il est n&#233; d&#233;linquant, comme ses parents, ses grands-parents, etc... Dans sa famille, depuis des g&#233;n&#233;rations, on fraude le fisc avec conscience et application. Nous pr&#233;sentons son argumentaire, bien qu'il ne soit pas toujours tr&#232;s clair :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;img width='300' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='314' border=&quot;0&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB2/LB2-4.gif&quot; alt=&quot;&quot; style='height:314px;width:300px;' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
PS : chacun aura naturellement reconnu l'&#233;criture de Karl Marx !&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Qui est qui ?</title>
		<link>http://www.penombre.org/Qui-est-qui,1093</link>
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		<dc:date>2013-05-17T15:16:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clara Halbschatten</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Concours-par-Clara-Halbschatten-">Concours, par Clara Halbschatten</category>


		<description>Les articles relatifs &#224; l'immigration et l'int&#233;gration font couramment appel &#224; des termes vari&#233;s : &#233;trangers, immigr&#233;s, seconde g&#233;n&#233;ration, Fran&#231;ais, etc. Voici quelques questions qui doivent vous permettre d'affiner vos connaissances... Pour y r&#233;pondre, il est n&#233;cessaire de d&#233;finir les termes. Ces d&#233;finitions vous seront donn&#233;es dans le prochain num&#233;ro, de m&#234;me que les r&#233;ponses aux questions ! &lt;br /&gt;a. Peut-on &#234;tre &#233;tranger et immigr&#233; ? &lt;br /&gt;b. Est-on toujours (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Concours-par-Clara-Halbschatten-" rel="directory"&gt;Concours, par Clara Halbschatten&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les articles relatifs &#224; l'immigration et l'int&#233;gration font couramment appel &#224; des termes vari&#233;s : &#233;trangers, immigr&#233;s, seconde g&#233;n&#233;ration, Fran&#231;ais, etc. Voici quelques questions qui doivent vous permettre d'affiner vos connaissances... Pour y r&#233;pondre, il est n&#233;cessaire de d&#233;finir les termes. Ces d&#233;finitions vous seront donn&#233;es dans le &lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/Qui-est-qui&quot;&gt;prochain num&#233;ro&lt;/a&gt;, de m&#234;me que les r&#233;ponses aux questions !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;a. Peut-on &#234;tre &#233;tranger et immigr&#233; ?&lt;br /&gt;
b. Est-on toujours immigr&#233; quand on est &#233;tranger ?&lt;br /&gt;
c. Est-on toujours &#233;tranger quand on est immigr&#233; ?&lt;br /&gt;
d. Peut-on &#234;tre immigr&#233; et Fran&#231;ais ?&lt;br /&gt;
e. Peut-on &#234;tre &#233;tranger sans &#234;tre immigr&#233; ?&lt;br /&gt;
f. Peut-on &#234;tre immigr&#233; suis &#234;tre &#233;tranger ?&lt;br /&gt;
g. Peut-on &#234;tre immigr&#233; et n&#233; en France ?&lt;br /&gt;
h. L'expression &quot;immigr&#233; de la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration&quot; a-t-elle un sens ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Clara Halbschatten&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Combien d'usagers de drogues illicites sont en prison pour cette seule infraction ?</title>
		<link>http://www.penombre.org/Combien-d-usagers-de-drogues</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.penombre.org/Combien-d-usagers-de-drogues</guid>
		<dc:date>2013-05-17T15:12:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Annie Kensey-Boudadi, Jean-Paul Jean</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Compte-de-faits,568-">Compte de faits</category>


		<description>Les insuffisances des donn&#233;es statistiques apparaissent tr&#232;s nettement &#224; l'occasion du d&#233;bat sur la r&#233;pression des simples usagers de stup&#233;fiants. Sur quelle base peut-on affirmer, comme l'a fait le docteur Olivenstein dans des propos rapport&#233;s par &quot;Le Monde&quot; du 26 octobre 1993, que &quot;environ 1800 usagers simples de drogue sont sous les verrous dans les prisons fran&#231;aises &quot; ? Pierre Joxe, alors ministre de l'Int&#233;rieur affirmait (...)

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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Compte-de-faits,568-" rel="directory"&gt;Compte de faits&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les insuffisances des donn&#233;es statistiques apparaissent tr&#232;s nettement &#224; l'occasion du d&#233;bat sur la r&#233;pression des simples usagers de stup&#233;fiants. Sur quelle base peut-on affirmer, comme l'a fait le docteur Olivenstein dans des propos rapport&#233;s par &quot;Le Monde&quot; du 26 octobre 1993, que &quot;environ 1800 usagers simples de drogue sont sous les verrous dans les prisons fran&#231;aises &quot; ? Pierre Joxe, alors ministre de l'Int&#233;rieur affirmait quant &#224; lui tout aussi p&#233;remptoirement en 1990, que &quot;tr&#232;s peu de toxicomanes sont incarc&#233;r&#233;s pour simple usage&quot;&lt;a name=&quot;1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#note1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour approcher la r&#233;alit&#233;, puisqu'on ne peut pas le savoir pr&#233;cis&#233;ment par les statistiques p&#233;nitentiaires, on peut utiliser les statistiques du casier judiciaire national, Sur un total de 4242 condamnations pour simple usage en 1991, on en compte 2844 &#224; une peine de prison, dont 1756 avec un sursis total et 1088 &#224; une peine ferme, totale ou partielle. Parmi ces 1088 peines fermes, 20 entre un et trois ans (l'article L. 628 du code la sant&#233; publique, qui r&#233;prime le simple usage, pr&#233;voit un emprisonnement maximum de un an qui peut &#234;tre port&#233; au double en cas de r&#233;cidive ; &#224; noter aussi l'interdiction du territoire fran&#231;ais de deux &#224; cinq ans encouru par les &#233;trangers pour cette simple infraction ...)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les chiffres, qui ne correspondent pas, de toutes fa&#231;ons, aux peines effectivement ex&#233;cut&#233;es, &#233;taient l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieurs en 1990 : 3022 condamnations avaient &#233;t&#233; prononc&#233;es &#224; une peine de prison pour simple usage, dont 1909 avec un sursis total et 1113 &#224; une peine ferme, totale ou partielle. Parmi ces 1119 peines fermes, 17 entre un et trois ans, et ... 2 entre trois et cinq ans, ce qui appara&#238;t tr&#232;s &#233;tonnant compte tenu des maximums encourus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le procureur de la R&#233;publique de Nanterre nous fournit une part d'explication de la s&#233;v&#233;rit&#233; de la r&#233;pression. Son tribunal correctionnel a eu &#224; conna&#238;tre, en 1992, 340 personnes pour usage seul, dont 2/5 ont fait l'objet d'une peine de prison ferme de 5 &#224; 7 mois. Cette s&#233;v&#233;rit&#233; s'expliquerait essentiellement par le fait qu'il s'agirait &quot;d'usagers de drogues dures ne se pr&#233;sentant pas &#224; l'audience en d&#233;pit de ce qu'ils aient &#233;t&#233; personnellement convoqu&#233;s et dont le casier judiciaire ne laisse planer aucun doute sur les d&#233;pendances toxicomaniaques, avec tout ce qu'elle implique de violence, lorsqu'on sait que le gramme d'h&#233;ro&#239;ne vaut 800 francs et le gramme de coca&#239;ne 1000 francs&quot;&lt;a name=&quot;2&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#note2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Il arrive donc que la personne soit condamn&#233;e pour simple usage parce que des faits plus graves n'ont pu &#234;tre &#233;tablis, mais sont hautement probables. De plus, certains usagers arr&#234;t&#233;s sont convoqu&#233;s au parquet en vue d'une injonction th&#233;rapeutique, &#224; d&#233;faut de quoi ils sont jug&#233;s de fa&#231;on r&#233;put&#233;e contradictoire en risquant une peine de prison ferme.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &#233;tude men&#233;e sur l'exploitation des donn&#233;es du casier judiciaire sur les ann&#233;es 1989/90/91 montre que, en ne retenant qu'une condamnation par individu, 4242 condamnations de 1991 pour simple usage de stup&#233;fiants ont concern&#233; 3591 personnes&lt;a name=&quot;3&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#note3&quot;&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Les deux tiers d'entre elles ont &#233;t&#233; condamn&#233;es &#224; l'emprisonnement, le plus souvent assorti d'un sursis total.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;859 usagers simples (24%) ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; une peine d'emprisonnement ferme, pour des peines allant de 8 jours &#224; deux ans, le quantum moyen &#233;tant de 3,5 mois. La part des peines d'emprisonnement ferme augmente avec l'&#226;ge des condamn&#233;s, et le fait de pr&#233;c&#233;dentes condamnations, notamment lorsqu'elles portent sur la l&#233;gislation relative aux stup&#233;fiants ; enfin, la part des peines fermes est deux fois plus importante pour les maghr&#233;bins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi ces 859, 160 ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; des peines d'emprisonnement ferme prononc&#233;es en 1991 alors qu'ils n'avaient pas de condamnation port&#233;e au casier judiciaire depuis le 01/01/1989. Plus de la moiti&#233; (89), ont &#233;t&#233; condamn&#233;s par d&#233;faut. Les 71 condamnations contradictoires ou contradictoires &#224; signifier se r&#233;partissent en une trentaine de juridictions ne permettant pas d'expliquer une politique particuli&#232;re.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut pas savoir, &#224; partir des donn&#233;es disponibles, combien de peines fermes ont &#233;t&#233; effectivement ex&#233;cut&#233;es (compte tenu des oppositions &#224; jugement par d&#233;faut, des am&#233;nagements de peine, ou encore de la non-mise &#224; ex&#233;cution), et donc combien d'individus sont incarc&#233;r&#233;s du seul fait d'usage illicite de stup&#233;fiants. Ce dont on est s&#251;r, c'est que le chiffre du docteur Olivenstein se situe tr&#232;s au-del&#224; de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seule une enqu&#234;te de l'administration p&#233;nitentiaire, sur l'ensemble des &#233;tablissements, un jour donn&#233;, pourrait fournir un chiffre exact, &#224; moins que d'ici l&#224;, la d&#233;p&#233;nalisation de l'usage de stup&#233;fiants ne r&#233;solve les probl&#232;mes, au risque de mettre des statisticiens au ch&#244;mage...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Annie Kensey &lt;/strong&gt;et&lt;strong&gt; Jean-Paul Jean&lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;note1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. &quot;Le quotidien du m&#233;decin&quot; 1er ao&#251;t 1990.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;note2&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. Discours de rentr&#233;e, janvier 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;note3&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. St&#233;phanie Lemerle, &quot;recherche de facteurs explicatifs au prononc&#233; de peines d'emprisonnement ferme pour simple usage de stup&#233;fiants&quot; SDSED 1993.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;img width='500' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='300' border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB2/LB2-3.gif&quot; style='height:300px;width:500px;' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot; class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les cases de l'oncle Sam&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Les am&#233;ricains se sont donn&#233;s les moyens pour fournir des donn&#233;es statistiques impressionnantes concernant les d&#233;linquants non pas forc&#233;ment toxicomanes, mais &#233;tant concern&#233;s par une prise de drogue r&#233;cente&lt;a name=&quot;un&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#noteun&quot;&gt;&lt;em&gt;1&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;em&gt;. Une enqu&#234;te &#233;pid&#233;miologique a &#233;t&#233; men&#233;e en 1991 sur quinze jours dans 24 grandes villes am&#233;ricaines, gr&#226;ce &#224; un entretien avec les 30507 personnes interpell&#233;es et un d&#233;pistage volontaire de 10 drogues dans les urines, incluant les drogues l&#233;gales (coca&#239;ne, opiac&#233;s, marijuana, PCP-phencyclidine-, m&#233;thadone, benzodiaz&#233;pines, m&#233;thaqualone, pro-poxyph&#232;ne, barbituriques et amph&#233;tamines), le tout sous couvert de l'anonymat.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Les tests d&#233;tectaient des traces remontant &#224; deux ou trois jours, sauf pour la marijuana et le PCP dont les traces peuvent remonter &#224; plusieurs semaines apr&#232;s usage. Chez les 22267 hommes, le pourcentage global de tests positifs pour une drogue quelconque &#233;tait de 59% (64% chez les 8240 femmes arr&#234;t&#233;es).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Par cat&#233;gorie d'infractions, chez les hommes, ce pourcentage &#233;tait de 79% pour d&#233;tention ou vente de drogue, 68% pour cambriolage, 65% pour vol, 59 % pour vol de v&#233;hicule, 48%, pour coups et blessures, 49% pour les infractions &#224; la l&#233;gislation sur les armes, le taux le plus faible &#233;tant de 37% en mati&#232;re d'infractions &#224; la l&#233;gislation sur les m&#339;urs. Chez les femmes, le pourcentage de tests positifs le plus important concerne la prostitution (85%).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;noteun&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#un&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Sourcebook. Bureau of justice statistics, 20th anniversary &#233;dition 1993, p 459s.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;AK / JPJ&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;em&gt; &lt;br /&gt;
P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Usage licite de chiffres stup&#233;fiants</title>
		<link>http://www.penombre.org/Usage-licite-de-chiffres</link>
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		<dc:date>2013-05-17T15:12:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Annie Kensey-Boudadi, Jean-Paul Jean</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Compte-de-faits,568-">Compte de faits</category>


		<description>Beaucoup de lieux communs et de chiffres peu communs sont utilis&#233;s &#224; propos des drogues et de leurs consommateurs. En fait l'abondance des r&#233;f&#233;rences chiffr&#233;es contraste avec le d&#233;ficit de connaissance et de mesure s&#233;rieuse du ph&#233;nom&#232;ne. Peut-on dire aujourd'hui combien il y a de toxicomanes en France ? &lt;br /&gt;Ren&#233; Padieu, inspecteur g&#233;n&#233;ral de l'INSEE, auteur d'un tonique rapport sur les statistiques en mati&#232;re de toxicomanie1, explique pourquoi, dans (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Compte-de-faits,568-" rel="directory"&gt;Compte de faits&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Beaucoup de lieux communs et de chiffres peu communs sont utilis&#233;s &#224; propos des drogues et de leurs consommateurs. En fait l'abondance des r&#233;f&#233;rences chiffr&#233;es contraste avec le d&#233;ficit de connaissance et de mesure s&#233;rieuse du ph&#233;nom&#232;ne. Peut-on dire aujourd'hui combien il y a de toxicomanes en France ?&lt;br /&gt; &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ren&#233; Padieu, inspecteur g&#233;n&#233;ral de l'INSEE, auteur d'un tonique rapport sur les statistiques en mati&#232;re de toxicomanie&lt;a name=&quot;1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%281%29&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, explique pourquoi, dans ce domaine, la rigueur est en manque... : &quot;la connaissance est recherch&#233;e pour la valeur mythique qu'elle a dans nos soci&#233;t&#233;s, pas du tout avec le souci qu'elle soit exacte..... C'est la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re qui se drogue ; elle se dope avec de la r&#233;pression et se shoote &#224; la statistique&quot;.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Des chiffres &quot;poudre aux yeux&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les donn&#233;es qui circulent &#224; haute dose sur le march&#233; sont d'origine et de valeur tr&#232;s diverses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on cherche &#224; d&#233;terminer le nombre de toxicomanes en France, chacun peut trouver ce qu'il souhaite : &quot;les ordres de grandeur varient de quelques milliers &#224; quelques millions&quot; (Padieu op. cit.). Il est seulement conseill&#233; de ne pas donner de d&#233;finition ni de citer ses sources.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'expos&#233; des motifs du projet de loi relatif &#224; la lutte contre la toxicomanie le 24 f&#233;vrier 1987 affirmait que &quot;800000 personnes s'adonnent &#224; l'usage de stup&#233;fiants dont 200000 h&#233;ro&#239;nomanes&quot;. La commission d'enqu&#234;te du S&#233;nat sur la convention d'application des accords de Schengen, en d&#233;cembre 1992 retient ce m&#234;me chiffre de 800000 pour .... &quot;l'ensemble des pays de l'espace Schengen, dont 120000 toxicomanes en France&quot;. Quelques exemples r&#233;cents de variations saisonni&#232;res : le num&#233;ro sp&#233;cial de &quot;l'Express&quot; de septembre 1993, enti&#232;rement consacr&#233; &#224; la drogue (par ailleurs appuy&#233; sur des enqu&#234;tes s&#233;rieuses et qui servira de r&#233;f&#233;rence tout au long de cet article) utilise, page 100, le chiffre de 120000 toxicomanes en 1990, sans citer ses sources, et page 78 le chiffre de &quot;150000 ou 300000 &quot;junkies&quot; (h&#233;ro&#239;nomanes par voie intraveineuse), qui devrait &#234;tre un sous-ensemble des 120000&amp;hellip; Dans le &quot;Nouvel Observateur&quot; du 12 novembre 1993, Alain Labrousse parle de &quot;100000 &#224; 200000 h&#233;ro&#239;nomanes en France&quot;&lt;a name=&quot;2&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%282%29&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. &quot;Le Monde des d&#233;bats&quot; du m&#234;me mois, cite le chiffre de &quot;60000 &#224; 150000 usagers de drogues dures&quot; et celui de &quot;4 millions d'utilisateurs de cannabis&quot;&lt;a name=&quot;3&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%283%29&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&quot;L'homo toxicomanicus statisticus&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour mieux tenter d'approcher la r&#233;alit&#233; de ce ph&#233;nom&#232;ne, il vaut mieux parler &quot;des toxicomanies&quot;, souligner tout de suite qu'elles peuvent &#234;tre licites ou illicites, et que le &quot;toxicomane statistiquement comptabilis&#233;&quot; est une cr&#233;ature m&#233;dico-polici&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne de la toxicomanie ne peut &#234;tre pr&#233;cis&#233;ment &#233;valu&#233;e, puisqu'il s'agit d'un domaine par nature clandestin du fait de son caract&#232;re souvent priv&#233; et d&#233;lictueux. Les toxicomanes ne sont identifi&#233;s comme tels que lorsqu'ils acc&#232;dent au syst&#232;me de soins, ou lorsqu'ils sont interpell&#233;s par la police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les donn&#233;es descriptives et quantitatives &#224; propos des usagers de drogue &#233;manent essentiellement des s&#233;ries statistiques &#233;mises par les minist&#232;res de la Sant&#233; et de l'Int&#233;rieur, produites &#224; partir de d&#233;finitions diff&#233;rentes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les structures de soins consid&#232;rent comme toxicomane celui dont la consommation de toxique (licite ou illicite) a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;e et prolong&#233;e au cours des derniers mois (le caract&#232;re subjectif de ces trois termes laisse une grande marge d'appr&#233;ciation). Les services r&#233;pressifs quant &#224; eux parlent d'usagers de produits illicites.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En s'appuyant &#224; la fois sur les donn&#233;es sanitaires et polici&#232;res, le minist&#232;re de la Sant&#233; en 1993 (brochure officielle pr&#233;sentant le dispositif sp&#233;cialis&#233;) estime le nombre de &quot;personnes toxicomanes d&#233;pendantes en 1990, entre 100000 et 150000, un tiers r&#233;sidant en Ile-de-France&quot;. La d&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale &#224; la lutte contre la drogue et la toxicomanie (DGLDT), sous la tutelle, comme le minist&#232;re de la sant&#233;, du ministre d'&#201;tat, ministre des affaires sociales, de la sant&#233; et de la ville (dossier de presse du 17 septembre 1993), fixe quant &#224; elle son estimation &quot;entre 150000 et 300000...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces estimations officielles, qui vont du simple au double, ne peuvent &#234;tre qu'indicatives, car, par exemple, une forte proportion de toxicomanes incarc&#233;r&#233;s n'a jamais eu ant&#233;rieurement acc&#232;s au dispositif sp&#233;cialis&#233; en toxicomane ; de m&#234;me, le nombre d'interpellations ne mesure que l'activit&#233;, plus ou moins importante, dans ce domaine, des services de police.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, la d&#233;finition l&#233;gale du toxicomane ne correspond parfois pas &#224; la d&#233;finition m&#233;dicale. Les d&#233;lits li&#233;s &#224; la l&#233;gislation sur les stup&#233;fiants ne sont constitu&#233;s que pour les substances class&#233;es comme telles dans le code de la sant&#233; publique. Or, les toxicomanes utilisent aussi des produits, tels ceux &#224; base de cod&#233;ine (N&#233;ocodion), ou la bupr&#233;morphine (Temgesic), des antid&#233;presseurs, des coupe-faim, qui ne sont ou n'ont pas toujours &#233;t&#233; class&#233;s comme stup&#233;fiants, et qu'ils associent souvent &#224; l'alcool, m&#234;me si cette consommation licite est souvent li&#233;e &#224; des actes illicites tels la falsification d'ordonnances. Le toxicomane pourra &#234;tre condamn&#233; pour des d&#233;lits qui ne sont qu'utilitaires par rapport &#224; sa toxicomanie et celle-ci ne jamais appara&#238;tre en statistique.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Selon le minist&#232;re de la Sant&#233; (brochure d&#233;j&#224; cit&#233;e), parmi les toxicomanes &quot; rep&#233;r&#233;s&quot;, le produit le plus souvent utilis&#233; &#224; titre de d&#233;pendance principale est l'h&#233;ro&#239;ne (54%). Mais une personne sur deux est &quot;polytoxicomane&quot; et consomme d'autres produits selon les opportunit&#233;s. L'alcool est le principal &quot;produit associ&#233;&quot;, devant le cannabis. Les m&#233;langes alcool-m&#233;dicaments, notamment avec les psychotropes, sont de plus en plus fr&#233;quents.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ne doit-on pas aussi consid&#233;rer comme toxicomanes des personnes, non comptabilis&#233;es dans la statistique, qui ne peuvent vivre normalement sans consommation importante de somnif&#232;res, d'antid&#233;presseurs, sans un recours permanent &#224; des m&#233;dicaments ? Et l'image d'&#201;pinal du toxicomane, &quot;la seringue entre les dents&quot;, vision sociale rejet&#233;e, que les chiffres de la statistique doivent stigmatiser, doit-elle nous faire mieux accepter le fl&#233;au social repr&#233;sent&#233; par le nombre d'alcooliques d&#233;pendants dans notre pays ? Dans les statistiques du SESI (service des programmes, des &#233;tudes et des services d'information du minist&#232;re des affaires sociales), l'utilisation d'alcool n'est consid&#233;r&#233;e que comme substance associ&#233;e. &quot;L'Express&quot;, page 98, avance le chiffre de &quot;2,5 millions d'alcooliques et 3 millions d'avaleurs de tranquillisants&quot;, l&#224; encore, sans citer ses sources.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La toxicomanie est sans aucun doute un fl&#233;au social, mais est-il aberrant de rapprocher en termes quantitatifs les 499 d&#233;c&#232;s par overdose en 1992&lt;a name=&quot;4&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%284%29&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; des 12000 morts annuelles par suicide, et, du fait de la circulation routi&#232;re, des 10000 tu&#233;s des 100000 personnes handicap&#233;es par an dont 1100 avec une incapacit&#233; sup&#233;rieure &#224; 50%&lt;sup&gt;&lt;a name=&quot;5&quot; href=&quot;http://www.penombre.org/#%285%29&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que penser aussi du fait qu'en France les sommes investies dans les jeux licites viennent d'atteindre en 1992 le chiffre record de 70 milliards ? Des m&#233;decins pensent qu'avec l'incitation publicitaire actuelle aux jeux, les conduites addictives d&#233;j&#224; constat&#233;es vont se multiplier. Ce ph&#233;nom&#232;ne est mieux mesur&#233; en Espagne, o&#249; l'omnipr&#233;sence des loteries et machines &#224; sous est consid&#233;r&#233;e comme un fl&#233;au social qui produirait 500000 &quot;ludopathes&quot; totalement asservis au jeu, n&#233;cessitant la mise en place d'un num&#233;ro vert et l'ouverture de 40 centres de d&#233;sintoxication&lt;a name=&quot;6&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%286%29&quot;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Il n'est qu'&#224; relire la nouvelle de Stephan Zweig &quot;Quarante huit heures de la vie d'une femme&quot;, pour voir combien le comportement d'un joueur &quot;intoxiqu&#233;&quot; est exactement le m&#234;me que celui d'un toxicomane, entra&#238;nant indiff&#233;rence affective, d&#233;pendance totale, perte du travail, puis d&#233;linquance pour financer des &quot;doses&quot; de plus en plus fortes.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Coke en stock&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;pression ne peut concerner que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg. 327 kilos d'h&#233;ro&#239;ne, 1'394 kilos d'herbe de cannabis, 40658 kilos de r&#233;sine de cannabis et 1625 kilos de coca&#239;ne ont &#233;t&#233; saisis en France en 1992, selon le rapport annuel de l'office central de r&#233;pression du trafic international de stup&#233;fiants (OCTRIS). Ces saisies repr&#233;senteraient &quot;15% du trafic&quot; (un policier cit&#233; par &quot;l'Express&quot;, page 106), ou &quot;environ 10% &quot;des produits en circulation&quot; (un magistrat citant les estimations de la police)&lt;a name=&quot;7&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%287%29&quot;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;. Mieux encore : &quot;la r&#233;pression a une incidence estim&#233;e de 5% &#224; 15% sur le trafic&quot;&lt;a name=&quot;8&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%288%29&quot;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Mais quelle valeur peut-on accorder &#224; un rapport calcul&#233; &#224; un niveau mondial entre un montant connu (les saisies) et un montant seulement estim&#233; au niveau de la production, dont on ne peut savoir la r&#233;partition g&#233;ographique par pays de destination.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faut-il simplement un chiffre pour mobiliser les troupes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mieux enfin : ce chiffre a servi de multiplicateur pour un autre calcul sur la base des saisies de stup&#233;fiants : &quot;dans la mesure o&#249; les saisies correspondent, au mieux, &#224; 10% du commerce des stup&#233;fiants, on peut consid&#233;rer que les trafics de drogue dans l'espace Schengen portent sur 80 tonnes d'h&#233;ro&#239;ne par an, 170 tonnes de coca&#239;ne et plus de 3000 tonnes de cannabis&quot;&lt;a name=&quot;9&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%289%29&quot;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La &quot;rousse&quot; et la &quot;blanche&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La drogue et son usage posent un grave probl&#232;me &#224; la soci&#233;t&#233;, mais c'est aussi la d&#233;linquance associ&#233;e &#224; la toxicomanie qui troublerait beaucoup l'ordre public. Pour se procurer les sommes n&#233;cessaires &#224; leur consommation journali&#232;re, des toxicomanes, outre la pratique du deal, commettent des vols et cambriolages, se livrent &#224; des agressions. Mais pour autant, peut-on se permettre d'utiliser n'importe quels chiffres ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des pourcentages secrets circulent m&#234;me officieusement, excitant l'imagination des auteurs : &quot;&#224; l'exception des affaires passionnelles et de certaines formes de criminalit&#233; en col blanc, le narco-trafic et les besoins engendr&#233;s par la consommation sont &#224; l'origine de la plupart des crimes et d&#233;lits commis aujourd'hui en France. 80%, avancent m&#234;me certains interlocuteurs sous le couvert de l'anonymat&quot; (l'Express, op. cit. page 102). Page 103, un inspecteur parisien : &quot;aujourd'hui, toute la criminalit&#233; a des liens avec la drogue&quot;. Page 106, le m&#234;me : &quot;... 60 &#224; 80% des d&#233;lits &quot;ordinaires&quot; sont li&#233;s au commerce de la drogue&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus pr&#233;cis encore : &quot;la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise a inform&#233; l'assembl&#233;e que 86 % des d&#233;lits enregistr&#233;s en 1990 &#233;taient associ&#233;s &#224; la drogue&quot;&lt;a name=&quot;10&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%2810%29&quot;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes rest&#233;s un peu &quot;stoned&quot; devant cette affirmation du responsable du dossier de &quot;l'Express&quot;, page 101 : &quot;le rapport toxicomanie-d&#233;linquance, n'est pas m&#233;canique ; les &#233;tudes criminologiques (lesquelles ?) montrent que 100 malfaiteurs d&#233;sintoxiqu&#233;s ne font pas 100 d&#233;linquants de moins, mais &#224; peine 20 ou 30&quot; (ah bon... !).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La justice parisienne, qui conna&#238;t de la m&#234;me r&#233;alit&#233;, a un discours plus mesur&#233; : &quot;on constate depuis deux ans une stabilisation, voire une baisse du nombre de toxicomanes interpell&#233;s &#224; Paris, alors que, les ann&#233;es ant&#233;rieures, ce chiffre progressait d'environ 5%. Il en est de m&#234;me pour les revendeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il convient d'ajouter les d&#233;lits commis par les toxicomanes pour se procurer l'argent n&#233;cessaire &#224; l'achat de leur drogue. Nous ne disposons pas &#224; cet &#233;gard de chiffres pr&#233;cis, car ces infractions sont comptabilis&#233;es sans tenir compte des mobiles qui animent les d&#233;linquants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'aucun consid&#232;rent cependant que 30 &#224; 50 % des vols d'autoradio, des cambriolages, des vols &#224; l'aarch&#233; et des vols &#224; main arm&#233;e commis dans les pharmacies sont le fait de toxicomanes.&quot;&lt;a name=&quot;11&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#%2811%29&quot;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors les toxicomanes responsables pour &quot;la plupart, 86 %, 80 %, de 60 &#224; 80 %, de 30 &#224; 50 % des crimes et dlits, des d&#233;lits ordinaires, de certains d&#233;lits&quot;...... ? Aucune enqu&#234;te s&#233;rieuse ne peut &#224; ce jour permettre une affirmation autre que &quot;sans doute beaucoup d'actes de d&#233;linquance&quot;. Ren&#233; Padieu, &#224; l'issue de sa longue enqu&#234;te, souligne m&#234;me qu' &quot;il n'existe aucun enregistrement continu, ni aucune analyse p&#233;riodique sur &#233;chantillon fornissant une base g&#233;n&#233;rale et s&#251;re&quot;.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Des chiffres polic&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les statistiques de police judiciaire ne permettent pas, en tout cas, de d&#233;terminer la proportion de toxicomanes responsables de d&#233;lits ou crimes. En revanche, elles sont la premi&#232;re mesure de la r&#233;pression en mati&#232;re de stup&#233;fiants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1992, 66775 infractions &#224; la l&#233;gislation sur les stup&#233;fiants (ILS) ont &#233;t&#233; constat&#233;es par l'ensemble des services de police et de gendarmerie sur un total de 3830996 crimes et d&#233;lits, soit 1,7%. Sur un total de 712407 personnes mises en cause en 1992, 9% - soit 64257 personnes - l'ont &#233;t&#233; pour ILS (infraction principale) dont 39'685 pour consommation seule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les infractions trait&#233;es par la police en mati&#232;re de stup&#233;fiants ne le sont pas sur plainte de victimes. Leur d&#233;couverte ne d&#233;pend donc que de l'initiative des services. On distingue deux stades : le fait constat&#233; (constat de la mat&#233;rialit&#233; d'une infraction ou d'un pr&#233;judice) et le fait &#233;lucid&#233; (o&#249; l'on &#233;tablit notamment l'identit&#233; du ou des auteurs pr&#233;sum&#233;s). Pour un m&#234;me fait constat&#233; et &#233;lucid&#233;, il peur y avoir plus d'une personne mise en cause. Ainsi, la constatation des faits d'usage illicite et le d&#233;nombrement des personnes mises en cause rel&#232;vent avant tout d'un processus s&#233;lectif qui joue et influence le r&#233;sultat. Les faits constat&#233;s traduisent seulement l'activit&#233; de la police qui peut se glorifier dans ce domaine d'un taux d'&#233;lucidation maximum, comme pour les infractions au s&#233;jour des &#233;trangers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les statistiques de police judiciaire comptabilisent les faits constat&#233;s et les personnes mises en cause selon quatre rubriques : trafic, usage-revente, consommation, autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'OCTRIS compte en affaires trait&#233;es et interpellations, selon trois rubriques, trafic, usage-revente et consommation. L'examen des donn&#233;es disponibles met en &#233;vidence ces diff&#233;rences et montre l'ampleur du probl&#232;me de l'unit&#233; de compte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On se reportera au tableau suivant :&lt;/p&gt; &lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; border=&quot;1&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;76&quot; rowspan=&quot;2&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;1992&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td colspan=&quot;2&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Services de police judiciaire&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td colspan=&quot;2&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;OCTRIS*&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Faits constat&#233;s&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Personnes mises en cause&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td width=&quot;55&quot; valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Affaires trait&#233;es&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Interpellations&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;76&quot;&gt;
&lt;p&gt;trafic&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;8 417&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;11 227&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td width=&quot;55&quot;&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;5 982&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;76&quot;&gt;
&lt;p&gt;usage-revente&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;13 302&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;12 141&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td width=&quot;55&quot;&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;6 937&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;76&quot;&gt;
&lt;p&gt;consommation&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;42 449&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;39 685&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td width=&quot;55&quot;&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;41 549&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;76&quot;&gt;
&lt;p&gt;autres&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;2 607&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;1 204&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td width=&quot;55&quot;&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;76&quot;&gt;
&lt;p&gt;total&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;66 775&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;64 257&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td width=&quot;55&quot;&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;29 541&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;td&gt;
&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;54 468&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td colspan=&quot;5&quot;&gt;
&lt;p&gt;* L'OCTRIS rassemble les chiffres de la police nationale, de la gendarmerie et des douanes.&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt; &lt;p&gt;Les services qualifient &#224; leur fa&#231;on l'usage, l'usage-revente et le trafic, cela pouvant d&#233;pendre par exemple simplement du nombre de doses de drogue en possession de la personne interpell&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour sa comptabilit&#233; des interpellations, l'OCTRIS s&#233;lectionne les faits les plus graves constat&#233;s par les services, auxquels sont ajout&#233;s les signalement des douanes qui concernent principalement le trafic. On s'attendrait donc &#224; voir diminuer la part de l'usage. Or l'inverse se produit, comme le montre le tableau ci-dessus. On est ainsi conduit &#224; penser que l'office r&#233;vise les qualifications en raison la tendance initiale&lt;/p&gt; &lt;p&gt;des services &#224;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;surqualifier leur activit&#233;&lt;a name=&quot;12&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#(12)&quot;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut souligner que parmi les personnes interpell&#233;es&lt;/p&gt; &lt;p&gt;pour simple usage ou usage-revente, en 1992, 66,4% l'ont &#233;t&#233; pour usage de cannabis et 30,1%, pour usage d'h&#233;ro&#239;ne (source OCTRIS).&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les condamn&#233;s pour infractions &#224; la l&#233;gislation &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;sur les stup&#233;fiants (ILS)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;L'exploitation du casier judiciaire permet d'&#233;tablir la statistique des condamnations. Celles concernant la l&#233;gislation relative aux stup&#233;fiants sont ventil&#233;es en sept postes (usage illicite, d&#233;tention et acquisition, trafic, commerce-transport-emploi de stup&#233;fiants, offre et cession, aide &#224; l'usage par l'autrui, autres). Ces rubriques ne recoupent pas celles de la police, emp&#234;chant tout lien statistique entre interpell&#233;s et condamn&#233;s. En fait, les qualifications juridiques retenues lors dit jugement peuvent s'&#233;carter des qualifications de la police, puis de celles du parquet).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mode d'enregistrement des condamnations ne permet pas une comptabilisation des &quot;toxicomanes&quot;. Il est d&#233;j&#224; difficile de compter les condamn&#233;s pour usage. Si on se limite &#224; la statistique &#233;tablie &#224; partir du motif de condamnation - apparaissant en premier sur la fiche du casier judiciaire - on compte, en 1991, 20006 condamnations pour ILS, dont 6942 pour usage illicite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on veut rep&#233;rer, parmi l'ensemble des condamnations, quel que soit le rang d'enregistrement, celles qui comprennent le motif &quot;usage de stup&#233;fiants&quot;, on arrive au chiffre de 11521, dont 4242 sont &quot;uniques&quot; (usage seul).&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une &#233;tude est actuellement en cours au service des statistiques du minist&#232;re de la justice pour d&#233;terminer avec quelles autres infractions l'usage est associ&#233;. Mais, la relation toxicomanie / d&#233;linquance ne peut &#234;tre approch&#233;e de cette fa&#231;on, car la toxicomanie, m&#234;me comme par les autorit&#233;s judiciaires, ne d&#233;bouche pas toujours sur une condamnation (recours &#224; l'injonction th&#233;rapeutique), et, de plus, lorsque c'est le cas, la r&#233;pression de la toxicomanie peut &#234;tre disjointe de celle du d&#233;lit de droit commun. Enfin, rien ne permet de d&#233;duire de la condamnation d'un individu pour usage de stup&#233;fiants en m&#234;me temps que pour une autre infraction que celle-ci a &#233;t&#233; commise &#224; cause de l'&#233;tat de d&#233;pendance de l'auteur.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;paragraphe&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re les barreaux&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La statistique p&#233;nitentiaire donne au premier jour de chaque trimestre une r&#233;partition de la population des condamn&#233;s d&#233;finitifs, selon l'infraction principale. La cat&#233;gorie ILS (infraction &#224; la l&#233;gislation sur les stup&#233;fiants), sans autre pr&#233;cision, a &#233;t&#233; introduire dans la nomenclature &#224; partir du 1er avril 1987. Ces donn&#233;es ne recouvrent pas la totalit&#233; des condamn&#233;s sanctionn&#233;s pour ILS, et une partie d'entre eux est susceptible de ne pas appara&#238;tre au titre de cette infraction si elle n'est pas principale&quot;.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au 1er janvier 1993, 5447, soit 19,7% des condamn&#233;s d&#233;finitifs &#233;taient en prison pour ILS. Cela ne signifie pas que ces condamn&#233;s sont des toxicomanes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, les trafiquants ne sont pas obligatoirement des usagers, l'usager occasionnel n'est pas un toxicomane, et des toxicomanes peuvent &#234;tre incarc&#233;r&#233;s pour des d&#233;lits de droit commun, sans r&#233;f&#233;rence &#224; leur toxicomanie.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le nombre d'usagers de produits illicites en prison est inconnu. En 1994, le fichier national des d&#233;tenus (FND) sera en mesure de fournir une statistique un peu plus fine. Quatre cat&#233;gories concernant les infractions &#224; la l&#233;gislation sur les stup&#233;fiants y ont &#233;t&#233; pr&#233;vues : trafic, cession, usage illicite et autres d&#233;lits relatifs aux stup&#233;fiants. En cas de concours d'infractions, seule la premi&#232;re apparaissant sur la fiche p&#233;nale est saisie. De ce fait, le nombre d'usagers de drogues fourni par la statistique &quot;FND&quot; sera sous-estim&#233;. Il repr&#233;sentera un minimum sans pouvoir toutefois permettre de compter les usagers de produits illicites en prison pour ce fait.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une seule enqu&#234;te a &#233;t&#233; men&#233;e, au cours du mois d'avril 1986, pour d&#233;nombrer les toxicomanes &#224; leur entr&#233;e en prison&lt;a name=&quot;13&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;sup&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#(13)&quot;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Selon le crit&#232;re retenu (personnes se d&#233;clarant telles et ayant pris de la drogue au moins deux fois par mois au cours des trois derniers mois), 804 entrants dans l'ensemble des maisons d'arr&#234;t, soit 10,7% du total, se d&#233;claraient toxicomanes.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;On pourrait multiplier les exemples de la difficult&#233; &#224; quantifier s&#233;rieusement un ph&#233;nom&#232;ne dont les enjeux sociaux et humains sont pourtant consid&#233;rables. Ce fantasmatique toxicomane, pas &quot;le raider&quot; qui sniffe sa ligne de coca&#239;ne avant le stress permanent de la Bourse, mais le visible, l'insupportable, &#224; la recherche quotidienne de son produit dans la rue, qui se pr&#233;sente aux urgences, est arr&#234;t&#233; par la police, pr&#233;sent&#233; &#224; la justice, incarc&#233;r&#233;, pris en charge par un &#233;tablissement de soins, une postcure, celui que la r&#233;alit&#233; statistique a tant de mal &#224; rep&#233;rer, ne s'agit-il pas d'abord d'un individu &quot;si loin, si proche&quot;, dont on parle beaucoup parce qu'on n'arrive pas &#224; lui parler&amp;hellip; ?&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Annie Kensey&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Jean-Paul Jean&lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img width='300' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='410' border=&quot;0&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB2/LB2-2.gif&quot; style='height:410px;width:300px;' /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(1)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;. Ren&#233; Padieu &quot;L'information statistique sur les drogues et les toxicomanies&quot;. Rapport &#224; la DCLDT, D&#233;cembre 1990.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(2)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;. Directeur de l'observatoire g&#233;opolitique des drogues.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(3)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;. Sources : Karl-Heinz Reuband, &quot;Drug use and drug policy : a cross national comparaison&quot; avril 1990. Peter Reuter, &quot;Drug problems and policies : comparative perspectives, Rand corporation, Washington janvier 1992.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(4)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;. Les statistiques de morbidit&#233; chez les toxicomanes sont sous-estim&#233;es, notamment comme cause associ&#233;e des morts violentes, suicides, accidents et d&#233;c&#232;s caus&#233;s par les maladies infectueuses. Paradoxalement, la police (OCTRIS) fournit des donn&#233;es plus fiables que l'INSERM qui ne comptabilise environ que la moiti&#233; des d&#233;c&#232;s li&#233;s aux overdoses, &#224; partir des certificats de d&#233;c&#232;s qui mentionnent la plupart du temps une cause inconnue, car r&#233;dig&#233;, avant les r&#233;sultats des expertises m&#233;dico-l&#233;gales....&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(5)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;. Sources INRETS cit&#233;es dans &quot;La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, donn&#233;es sociales 1993&quot; de l'INSEE.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(6)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;. &quot;Le Monde&quot; du 28 juillet 1993. Rapport du CREDOC : &quot;Les joueurs d&#233;pendants, une population m&#233;connue&quot;, avril 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(7)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;. Discours de rentr&#233;e du tribunal de Paris, consacr&#233; &#224; la drogue, par Mr Valat, magistrat, janvier 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(8)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;. Rapport du 23 avril 1992 d'une commission d'enqu&#234;te du parlement europ&#233;en, cit&#233;e par le procureur Apap, dans &quot;Le monde des d&#233;bats &quot;de novembre 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(9)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;. Rapport d'information de la commission d'enqu&#234;te s&#233;natoriale sur le trafic de drogue dans l'espace, Schengen. par Mr Larcher, d&#233;cembre 1992.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(10)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;. Selon le rapport d'enqu&#234;te du parlement europ&#233;en, op. cit., propos tenus lors d'une r&#233;union &#224; Moscou en novembre, 1990 des chefs de service charg&#233;s de la lutte contre les stup&#233;fiants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(11)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;. M. Valat op. cit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(12)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;. Une recherche portant sur la liaison toxicomanie-d&#233;linquance est actuellement men&#233;e au CESDIP par Bruno Aubusson de Cavarlay et Marie Dani&#232;le Barr&#233;. Voir aussi Marie Dani&#232;le Barr&#233; : &quot;Des difficult&#233;s de l'interpr&#233;tation des donn&#233;es de statistiques p&#233;nales en mati&#232;re de toxicomanie&quot; Communication au colloque dimensions sociales de la drogue&quot; janvier 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;(13)&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/#13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;. A. Kensey, L. Cirba : &quot;Les toxicomanes incarc&#233;r&#233;s&quot;. Travaux et documents n&#176; 38, direction de l'administration p&#233;nitentiaire. Avril 1989. &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Choses vues, choses lues, mise &#224; nu</title>
		<link>http://www.penombre.org/Choses-vues-choses-lues-mise-a-nu,1090</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre V. Tournier</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Choses-vues-choses-lues-mise-a-nu,567-">Choses vues,&lt;br/&gt;choses lues, mise &#224; nu</category>


		<description>Topologie du champ p&#233;nal &lt;br /&gt;Si l'on en croit le Courrier de la Chancellerie, un nouveau concept vient d'&#233;clore dans le champ p&#233;nal. L'organe d'information du minist&#232;re de la justice pr&#233;sente, dans sa livraison de juillet-ao&#251;t, le rapport annuel 1992 de l'administration p&#233;nitentiaire. Pour nommer les deux populations dont cette administration a la charge, on trouve, en sous-titre et en gras, les expressions &quot;la population carc&#233;rale (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Choses-vues-choses-lues-mise-a-nu,567-" rel="directory"&gt;Choses vues,&lt;br/&gt;choses lues, mise &#224; nu&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Topologie du champ p&#233;nal &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on en croit le &lt;em&gt;Courrier de la Chancellerie&lt;/em&gt;, un nouveau concept vient d'&#233;clore dans le champ p&#233;nal. L'organe d'information du minist&#232;re de la justice pr&#233;sente, dans sa livraison de juillet-ao&#251;t, le rapport annuel 1992 de l'administration p&#233;nitentiaire. Pour nommer les deux populations dont cette administration a la charge, on trouve, en sous-titre et en gras, les expressions &quot;la population carc&#233;rale en milieu ferm&#233;&quot;, &quot;la population carc&#233;rale en milieu ouvert&quot; ! Les mauvais esprits liront, dans ce lapsus ( ?), l'annonce du retour au tout carc&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on utilisait plut&#244;t les syntagmes &quot;population incarc&#233;r&#233;e&quot; d'une part, &quot;population prise en charge en milieu ouvert&quot; d'autre part. Cette derni&#232;re est constitu&#233;e des personnes faisant l'objet d'une mesure ou d'une sanction non-carc&#233;rale et suivies par un comit&#233; de probation et d'assistance aux lib&#233;r&#233;s (CPAL) : condamn&#233;s au sursis avec mise &#224; l'&#233;preuve, lib&#233;r&#233;s conditionnels, condamn&#233;s au travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, une partie des personnes plac&#233;es sous contr&#244;le judiciaire... Dans les instances du Conseil de l'Europe, plut&#244;t que de parler de mesures et sanctions non-carc&#233;rales, on utilise, depuis quelques ann&#233;es, l'expression &quot;mesures et sanctions appliqu&#233;es dans la communaut&#233;&quot; (&quot;community measures and sanctions&quot;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors inattention estivale ? Dans ce domaine, la presse nationale n'est pas en reste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pour lanterne vendre vessie&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Lib&#233;ration&lt;/em&gt;, dans son &#233;dition du 30 juillet 1993, rend compte de ce rapport annuel 1992 sous le titre suivant : &quot;La population carc&#233;rale en hausse chronique, plus de 90000 personnes sont pass&#233;es en prison en 1992. Contre 34000 il y a dix ans&quot; ! &lt;em&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/em&gt; a repris cette &quot;information&quot; dans sa livraison du 4 ao&#251;t : &quot;une seule chose est claire. La population carc&#233;rale, para&#238;t-il, grimpe en fl&#232;che. 90000 personnes sont pass&#233;es en cellule en 1992 contre 34000 il y a dix ans&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En rapprochant les nombres cit&#233;s, on obtient un taux de croissance de plus de 160%, en dix ans. Bigre ! Mais de quoi parle-t-on ? On m&#233;lange en fait des donn&#233;es de &quot;flux&quot; et des donn&#233;es de &quot;stock&quot;. Parions qu'&#224; la vue de ces termes techniques, le Canard va passer au jaune citron ! On peut plus simplement parler du nombre d'entr&#233;es, une ann&#233;e donn&#233;e, et du nombre de d&#233;tenus pr&#233;sents, un instant donn&#233; (photographie de la situation).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la France m&#233;tropolitaine, les chiffres sont les suivants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#233;tenus pr&#233;sents :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1er janvier 1993 : 48164&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1er janvier 1983 : 34579&lt;/p&gt; &lt;p&gt;soit un accroissement de 39,3%, en dix ans. Ce qui est consid&#233;rable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En revanche, depuis dix ans, les entr&#233;es en prison n'ont pas connu une telle &#233;volution, l'effectif fluctuant autour de 85000 (88586 en 1992). Pr&#233;cisons que l'on ne conna&#238;t pas le nombre de personnes ayant pass&#233; au moins une journ&#233;e en prison au cours d'une ann&#233;e donn&#233;e, mais c'est une longue histoire que nous vous raconterons une prochaine fois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces quelques &#233;l&#233;ments d'information permettent d&#233;j&#224; de se faire une id&#233;e des raisons de la croissance de la population des prisons : croissance des dur&#233;es de d&#233;tention et non recours accru &#224; l'incarc&#233;ration. Encore ne faut-il pas les... manquer ! C'est pourtant ce que fait Albert jacquard dans son livre &quot;Un monde sans prison ?&quot; publi&#233; au Seuil, d&#233;but 1993.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Approximations successives&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;La &lt;a href=&quot;http://www.penombre.org/01/05.htm#Albert&quot;&gt;critique du livre d'A. Jacquard&lt;/a&gt; pr&#233;sent&#233;e dans la premi&#232;re livraison de P&#233;nombre se terminait par une phrase sibylline : &quot;Enfin l'ouvrage n'est pas exempt de r&#233;f&#233;rences chiffr&#233;es...&quot;. A y regarder de pr&#232;s, nombre de ces donn&#233;es sont en fait tr&#232;s approximatives ; donnons quelques exemples :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1. &quot;Ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, on a vu le nombre de personnes d&#233;tenues doubler sans progression sensible des capacit&#233;s d'accueil&quot; (p. 176). L'auteur a oubli&#233; le &quot;programme 13000&quot; de construction de nouvelles prisons. De juillet 1988 &#224; janvier 1993 le nombre de places dans les prisons de la m&#233;tropole est pass&#233; de 33983 &#224; 45130 et le taux d'occupation de 149 d&#233;tenus pour 100 places &#224; 107.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2. &quot;On constate une augmentation des entr&#233;es dues &#224; une croissance de la petite criminalit&#233; (sic)&quot; (p. 176) : voir plus haut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3. &quot;Pr&#232;s de la moiti&#233; des d&#233;tenus des prisons fran&#231;aises sont en d&#233;tention provisoire dans l'attente d'un jugement&quot; (p. 175). Au 1er janvier 1993, les prisons de la m&#233;tropole comptaient 18280 d&#233;tenus en attente d'un jugement (de premi&#232;re instance) ; ce qui repr&#233;sentait 38% de la population carc&#233;rale. Si l'on ajoute les condamn&#233;s en appel ou qui se sont pourvus en cassation, la proportion est de 42%. Ce taux a baiss&#233; depuis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4. &quot;Les deux tiers (des d&#233;tenus) ont de dix-huit &#224; trente ans (p. 191). C'&#233;tait vrai en 1975 (63%) ! Le poids de cette classe d'age a diminu&#233; depuis ; elle repr&#233;sente, au 1er janvier 1993, la moiti&#233; de la population d&#233;tenue en m&#233;tropole (53,3%). On voit sur cet exemple, comme sur les autres, que le recours &#224; des donn&#233;es approximatives emp&#234;che de se poser un certain nombre de questions : ici celle du vieillissement de la population. Ainsi, A. Jacquard ne dit rien de la baisse du nombre de mineurs d&#233;tenus intervenue &#224; partir de 1987 ; &#233;volution qui, pour certains, se serait invers&#233;e en 1992.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Certainement trop, mais pas plus&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;&quot;Davantage de mineurs dans les prisons fran&#231;aises&quot; (&lt;em&gt;Lib&#233;ration&lt;/em&gt; du 19 octobre 1993), &quot;forte progression des mineurs&quot; (&lt;em&gt;Le Quotidien&lt;/em&gt; du 19 octobre), &quot;Les mineurs incarc&#233;r&#233;s sont de plus en plus nombreux&quot; (&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; du 20 octobre), &quot;Les mineurs plus nombreux en prison&quot; (&lt;em&gt;La Croix&lt;/em&gt; du 20 octobre). Si vous n'&#234;tes pas convaincu apr&#232;s une telle revue de presse !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette id&#233;e de croissance r&#233;sulte de la comparaison du nombre de mineurs d&#233;tenus au 1er janvier 1992 et au 1er janvier 1993. L'augmentation est de 71 mineurs pour la m&#233;tropole, soit 15%. Mais si l'on ne se contente pas de cette comparaison sur un an mais que l'on regarde comment les choses ont &#233;volu&#233; avant et... apr&#232;s, on r&#233;sumera l'&#233;volution plut&#244;t de la fa&#231;on suivante : &quot;Apr&#232;s une baisse importante en 1987 et 1988, le nombre de mineurs d&#233;tenus est stable depuis 1989 (autour de 500)&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nombre de mineurs d&#233;tenus en m&#233;tropole :&lt;/p&gt; &lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;2&quot; border=&quot;1&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.01.87&lt;/td&gt; &lt;td&gt;989&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.01.88&lt;/td&gt; &lt;td&gt;816&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.01.89&lt;/td&gt; &lt;td&gt;493&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.01.90&lt;/td&gt; &lt;td&gt;524&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.01.91&lt;/td&gt; &lt;td&gt;395&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.01.92&lt;/td&gt; &lt;td&gt;467&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.01.93&lt;/td&gt; &lt;td&gt;538&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.04.93&lt;/td&gt; &lt;td&gt;501&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;1.07.93&lt;/td&gt; &lt;td&gt;445&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Source : CESDIP /Base SEPT (S&#233;ries p&#233;nitentiaires temporelles)&lt;br /&gt; &lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Resterait alors &#224; trouver un nouveau titre car l'id&#233;e de stabilit&#233; ne fait sans doute pas une information...&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot; class=&quot;article&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Arithm&#233;tique judiciaire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;A propos d'information, on terminera par une exclusivit&#233; de &lt;em&gt;La Nouvelle R&#233;publique du Centre-Ouest&lt;/em&gt; (16-17 octobre 1993) : &quot;Le 29 septembre, Monsieur K. comparaissait devant le tribunal correctionnel d'Orl&#233;ans pour r&#233;pondre d'abus de confiance aggrav&#233;. L'heure des comptes a sonn&#233; (...). Le procureur a requis une peine de 3 ans d'emprisonnement ferme (...). Apr&#232;s un d&#233;lib&#233;r&#233; de 15 jours, le tribunal a condamn&#233; Monsieur K. &#224; 3 mois de prison dont 12 fermes&quot;. On s'&#233;tonnera apr&#232;s que certains pr&#233;venus sortent du pr&#233;toire sans avoir bien compris ce &#224; quoi ils avaient &#233;t&#233; condamn&#233;s !&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Toumier&lt;br /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img width='520' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='283' border=&quot;0&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB2/LB2-1.gif&quot; alt=&quot;&quot; style='height:283px;width:520px;' /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Syst&#232;me d&#233;cimal ou d&#233;cimalit&#233; syst&#233;matique</title>
		<link>http://www.penombre.org/Systeme-decimal-ou-decimalite</link>
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		<dc:date>2013-05-17T15:07:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Edwin Matutano</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Des-lettres-etdes-chiffres,566-">Des lettres et&lt;br/&gt;des chiffres</category>


		<description>Mais de quoi s'agit-il ait juste ? Pas seulement bien entendu de dresser la liste des dix qualit&#233;s et des dix d&#233;fauts des Fran&#231;ais. (Pourquoi dix, sans doute parce que ni neuf ni onze ne sont des chiffres limite, de ces chiffres ronds qui font s&#233;rieux. Les atlas classent les dix premi&#232;res villes du monde, les experts tennistiques les dix meilleurs joueurs de l'univers. Cinq, dix, quinze, vingt - oui. Quatre, huit, onze, seize - non. Bizarre). (...)

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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Des-lettres-etdes-chiffres,566-" rel="directory"&gt;Des lettres et&lt;br/&gt;des chiffres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=&quot;left&quot;&gt;Mais de quoi s'agit-il ait juste ? Pas seulement bien entendu de dresser la liste des dix qualit&#233;s et des dix d&#233;fauts des Fran&#231;ais. (Pourquoi dix, sans doute parce que ni neuf ni onze ne sont des chiffres limite, de ces chiffres ronds qui font s&#233;rieux. Les atlas classent les dix premi&#232;res villes du monde, les experts tennistiques les dix meilleurs joueurs de l'univers. Cinq, dix, quinze, vingt - oui. Quatre, huit, onze, seize - non. Bizarre).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Daninos&lt;/strong&gt;. &lt;em&gt;Un certain Monsieur Blot&lt;/em&gt;, 1957.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Texte propos&#233; par &lt;strong&gt;Edwin Matutanoa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>La r&#232;gle de deux</title>
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		<dc:date>2013-05-17T15:07:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Mazuet</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Des-lettres-etdes-chiffres,566-">Des lettres et&lt;br/&gt;des chiffres</category>


		<description>Lorsque j'&#233;tais enfant, au coll&#232;ge, un professeur, dont la p&#233;dagogie fut, comme on le verra, exemplaire, me posa une question simple, de bon sens, alors que j'h&#233;sitais &#224; accorder un mot au pluriel. &lt;br /&gt;- A votre avis, quand met-on un mot au pluriel ? A partir de combien ? &lt;br /&gt;J'ai longtemps h&#233;sit&#233;, j'ai pris mon temps, je sentais que c'&#233;tait une question qui s'adressait &#224; mon raisonnement, et, mis au d&#233;fi, j'avais envie de faire preuve de discernement. &lt;br /&gt;- A (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque j'&#233;tais enfant, au coll&#232;ge, un professeur, dont la p&#233;dagogie fut, comme on le verra, exemplaire, me posa une question simple, de bon sens, alors que j'h&#233;sitais &#224; accorder un mot au pluriel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; - A votre avis, quand met-on un mot au pluriel ? A partir de combien ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai longtemps h&#233;sit&#233;, j'ai pris mon temps, je sentais que c'&#233;tait une question qui s'adressait &#224; mon raisonnement, et, mis au d&#233;fi, j'avais envie de faire preuve de discernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; - A partir de deux, Monsieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; - Eh bien, voil&#224;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La joie du professeur et la mienne &#233;taient touchantes, j'avais compris, il m'avait fait comprendre. La joie &#233;tait d'autant plus grande que je n'&#233;tais alors pas tr&#232;s bon &#233;l&#232;ve. Pourtant, au fond, je n'&#233;tais pas absolument satisfait, quelque chose sonnait faux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A quoi tenait cette g&#234;ne, et l'h&#233;sitation que j'avais eue avant de r&#233;pondre ? Je m'&#233;tais interrog&#233; un instant sur &quot;deux&quot;, je m'&#233;tais demand&#233; si c'&#233;tait bien &#224; mettre au pluriel, et s'il ne fallait pas, par hasard, commencer &#224; partir de trois o&#249;, l&#224;, il n'y avait aucun doute.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard j'ai eu quelques lueurs sur cette question en &#233;tudiant le grec. Plus tard encore la lumi&#232;re s'est faite plus vive gr&#226;ce &#224; la linguistique. J'appris que je n'&#233;tais en effet pas le premier &#224; avoir eu ce scrupule. Les langues indo-europ&#233;ennes de l'antiquit&#233;, le sanscrit, le grec (mais h&#233;las plus le latin) consid&#233;raient que les choses qui vont par deux, intrins&#232;quement par deux, ne se mettent pas au pluriel. Elles avaient cr&#233;&#233; un nombre pour cela : le duel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce nombre correspond &#224; la notion de couple, de paire que nous avons encore lexicalement, mais plus grammaticalement. Il nous faut des mots pour exprimer ce que les anciens indiquaient par une terminaison. Quand nous disons les deux mains, par exemple, pour le grec il ne pouvait s'agir d'un pluriel, puisque de toutes fa&#231;ons les mains allaient par deux, comme les yeux, les oreilles et que sais-je encore. Rien n'y justifiait la marque du pluriel. Cela allait encore un peu plus loin, jusqu'au couple de b&#339;ufs tirant l'attelage. Ou encore dans la conjugaison du verbe, une action que l'on fait tous les deux ensemble &#233;tait &#224; conjuguer au duel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;On y va ?&quot; adress&#233; &#224; la personne avec qui l'on se trouve aurait sans doute &#233;t&#233; conjugu&#233; au duel. Car les verbes aussi se conjuguaient au duel. La construction actuelle de la phrase montre assez qu'on r&#233;pugne &#224; la mettre au pluriel justement - en tous cas qu'un pluriel, d&#233;nombr&#233;, ne s'y loge pas bien. Ce &quot;on&quot; a ici valeur de &quot;tous les deux&quot;.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi la marque du nombre, du pluriel dans la langue, n'est pas si simple. Et la question qui se pose pour deux se posera aussi pour la multitude. Que dire : &quot;une foule de gens est venue&quot; ou &quot;une foule de gens sont venus&quot; ?&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon professeur aurait aussi d&#251; me demander :&lt;/p&gt; &lt;p&gt; - A partir de combien cesse-t-on de mettre le pluriel ?&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt;&lt;strong&gt;Philippe Mazuet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;left&quot;&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Editorial</title>
		<link>http://www.penombre.org/Editorial,1087</link>
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		<dc:date>2013-05-17T15:07:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;daction</dc:creator>

<category domain="http://www.penombre.org/-Lettre-blanche-no2-">Lettre blanche n&#176;2</category>


		<description>&quot;On ne fait pas briller ses lunettes avec du cirage noir&quot; &lt;br /&gt;Eug&#232;ne Ionesco, La cantatrice chauve, 1950 &lt;br /&gt;Le recours au nombre dans les d&#233;bats touchant les questions de soci&#233;t&#233; est maintenant consacr&#233;. Il n'est aucun de ces sujets dont la pr&#233;sentation ne commence par un cadrage quantitatif. Parler de l'immigration, de la toxicomanie, du sida, du ch&#244;mage, de la d&#233;linquance, de la violence, d&#233;battre sur les enjeux de ces diverses questions, (...)


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&lt;a href="http://www.penombre.org/-Lettre-blanche-no2-" rel="directory"&gt;Lettre blanche n&#176;2&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;On ne fait pas briller ses lunettes avec du cirage noir&quot;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Eug&#232;ne Ionesco, La cantatrice chauve, 1950&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le recours au nombre dans les d&#233;bats touchant les questions de soci&#233;t&#233; est maintenant consacr&#233;. Il n'est aucun de ces sujets dont la pr&#233;sentation ne commence par un cadrage quantitatif. Parler de l'immigration, de la toxicomanie, du sida, du ch&#244;mage, de la d&#233;linquance, de la violence, d&#233;battre sur les enjeux de ces diverses questions, conduisent toujours les &quot;auteurs&quot; &#224; parsemer leurs th&#232;ses de r&#233;f&#233;rences chiffr&#233;es. Toutefois, bien souvent, trop souvent encore, le nombre n'est pas la source de la r&#233;flexion, et ne sert qu'&#224; donner un vernis &quot;scientifique&quot; &#224; des convictions pr&#233;&#233;tablies qui deviendraient par l&#224; m&#234;me inattaquables.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les principaux travers de l'utilisation d&#233;mesur&#233;e du chiffre sont bien connus : approximation dans la d&#233;finition de ce qu'il est pr&#233;tendu repr&#233;senter, comparaisons abusives, non pr&#233;cision des sources de la mesure, cr&#233;ation pure et simple en l'absence de toute mesure, etc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui conduit in&#233;vitablement &#224; la circulation des chiffres les plus divers, cens&#233;s d&#233;crire le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne. On peut parler d'une v&#233;ritable l&#233;gitimit&#233; &#224; affirmer ce que l'on veut. Comment s'&#233;tonner ensuite d'un sentiment contradictoire o&#249; chacun se sent noy&#233; sous les chiffres tout en comprenant toujours aussi mal. Parall&#232;lement, les r&#233;flexions essentielles sur ce qui doit &#234;tre quantifi&#233;, ce qui ne doit pas l'&#234;tre, ce qui ne peut pas l'&#234;tre et sur les moyens que l'on doit mettre en place pour construire les mesures n&#233;cessaires ne sont pas men&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; tous les stades de la vie du nombre, des producteurs de donn&#233;es, des chercheurs, des journalistes, ne se satisfont pas de cette situation, s'impatientent devant ces constats maintes fois &#233;tablis et expriment leur volont&#233; de redonner un sens au nombre.&lt;br /&gt; &lt;/p&gt; &lt;p&gt;P&#233;nombre a l'ambition d'&#234;tre le lieu de toutes les interrogations sur le nombre. Depuis quelques mois P&#233;nombre vit. Ce nouveau num&#233;ro est l'occasion d'illustrer, autour d'un sujet sensible - la toxicomanie, quelques unes de ces questions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On reste confondu devant le traitement r&#233;serv&#233; au nombre... Est-ce un instrument de connaissance ou le masque de l'ignorance ?&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;img width='300' vspace=&quot;0&quot; hspace=&quot;0&quot; height='338' border=&quot;0&quot; src=&quot;http://www.penombre.org/IMG/Image/LB2/LB2-edito.gif&quot; alt=&quot;&quot; style='height:338px;width:300px;' /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;P&#233;nombre, D&#233;cembre 1993&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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