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Editorial

Peut-être est-ce de mon ombre que jaillissent, fatals et illusoires, les jours.
Jorge Luis Borgès, Éloge de l’ombre, Héraclite.

PENOMBRE émerge de la LOLF… Quel succès, mes amis ! Pour cette nocturne du 14 octobre consacrée à la nouvelle loi organique relative aux lois de finances (la « LOLF »), l’intitulé ne faisait pourtant pas dans le « people » ! Si l’on en juge par les réactions des quelques deux cents participants, les compliments reçus dans les jours qui ont suivi, quelques articles dans les feuilles spécialisées, nous pouvons nous réjouir du succès. (Aïe, nos chevilles ! merci, merci…)

Mais soyons honnêtes et partageons nos lauriers avec les inventeurs de cette abracadabralambiquesque machine ! Interrogez les fonctionnaires de votre connaissance. Ils se divisent grosso modo en deux : ceux qui s’arrachent les cheveux pour mettre ça en œuvre selon l’orthodoxie bercyienne, et ceux qui ont déjà trouvé les bidouillages, les astuces, les approximations, les simplifications et les futilités diverses qui leur permettront de continuer à travailler tranquille. Nous, à Pénombre, nous ne nous attachons bien sûr qu’au volet numérique de la chose : 1 347 indicateurs quantitatifs sont censés rendre l’action publique mesurable et limpide. C’est trop pour un résumé intelligible, mais dramatiquement pas assez pour couvrir de façon significative la complexité de l’action de l’État. C’était un des enseignements de nos débats. Mais la LOLF continue et nous n’avons pas fini d’en sourire. Ceux d’entre vous qui n’ont pas pu assister à cette mémorable soirée n’auront pas tout perdu grâce à la Lettre Grise que nous allons en tirer, qui reprendra ce qui s’y est échangé et des réactions reçues depuis.

On riglolfe, on riglolfe, mais pendant ce temps là, la Lettre Blanche ne se fait pas ! nous avons parfois du mal à tenir une exacte périodicité pour cette Lettre : la présente suit de six mois la précédente. Il faut dire que ceux qui s’en occupent, ceux qui préparent les nocturnes, ceux qui répondent aux sollicitations croissantes envers Pénombre, ce sont les mêmes, et qu’en plus, à temps perdu, ils ont même des activités professionnelles... Souvent, quelqu’un nous dit ou nous écrit : vous devriez traiter de telle question ; ou bien : avez-vous vu ceci ou cela, qu’en pensez-vous ? Vous devriez en faire quelque chose… La réponse est invariable : si vous avez envie qu’un sujet soit traité, n’hésitez pas à vous en saisir vous-même ! Si votre sujet est bon, vous trouverez bien parmi nos 450 adhérents quelques co-fanas (d’ailleurs, nous réfléchissons à la manière de faciliter ces échanges, via le net, bien sûr). En tout cas, c’est ainsi que se fait cette Lettre. C’est ainsi que se fait le reste.

Plus banal dans la vie de l’association, l’assemblée générale annuelle, le 24 juin dernier. Outre la revue des activités en cours ou prévues et l’habituel et convivial dîner, nous avons procédé au renouvellement du conseil, et, ce qui n’est pas si fréquent, élu un nouveau président : Jean-René Brunetière.